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Le démolisseur de navire Khuda Bux Gadani, 19 ans, a souffert de graves brûlures et d’une jambe cassée lors de cette catastrophe. Photo : IndustriALL/Amar Guriro

Le démolisseur de navire Khuda Bux Gadani, 19 ans, a souffert de graves brûlures et d’une jambe cassée lors de cette catastrophe. Photo : IndustriALL/Amar Guriro

Une immense explosion a ouvert un trou béant dans la coque du pétrolier sur le chantier de démolition de navires de Gadani, au Pakistan. Photo : IndustriALL/Amar Guriro

Une immense explosion a ouvert un trou béant dans la coque du pétrolier sur le chantier de démolition de navires de Gadani, au Pakistan. Photo : IndustriALL/Amar Guriro

Azeema et Muhammad Hassan ont perdu leur fils de 18 ans dans l’embrasement du pétrolier. Photo : IndustriALL/Amar Guriro

Azeema et Muhammad Hassan ont perdu leur fils de 18 ans dans l’embrasement du pétrolier. Photo : IndustriALL/Amar Guriro

“Je l’ai envoyé au travail, pas à la mort,” nous dit Azeema Hassan qui a perdu son fils, Sanaullah, dans l’incendie du pétrolier. Photo : IndustriALL/Amar Guriro

“Je l’ai envoyé au travail, pas à la mort,” nous dit Azeema Hassan qui a perdu son fils, Sanaullah, dans l’incendie du pétrolier. Photo : IndustriALL/Amar Guriro

Les services de secours n’ont pu que contempler désespérément le brasier qui a ravagé le pétrolier pendant plus de deux jours. Photo : IndustriALL/Amar Guriro

Les services de secours n’ont pu que contempler désespérément le brasier qui a ravagé le pétrolier pendant plus de deux jours. Photo : IndustriALL/Amar Guriro

Le démolisseur de navire Khuda Bux Gadani, 19 ans, a souffert de graves brûlures et d’une jambe cassée lors de cette catastrophe. Photo : IndustriALL/Amar Guriro Une immense explosion a ouvert un trou béant dans la coque du pétrolier sur le chantier de démolition de navires de Gadani, au Pakistan. Photo : IndustriALL/Amar Guriro Azeema et Muhammad Hassan ont perdu leur fils de 18 ans dans l’embrasement du pétrolier. Photo : IndustriALL/Amar Guriro “Je l’ai envoyé au travail, pas à la mort,” nous dit Azeema Hassan qui a perdu son fils, Sanaullah, dans l’incendie du pétrolier. Photo : IndustriALL/Amar Guriro Les services de secours n’ont pu que contempler désespérément le brasier qui a ravagé le pétrolier pendant plus de deux jours. Photo : IndustriALL/Amar Guriro

Pakistan : une indemnisation équitable requise d’urgence pour les victimes de l’incendie de Gadani

24.11.2016

Plus de trois semaines après l’incendie meurtrier sur un pétrolier dans le chantier de démolition navale au Pakistan, les travailleurs et les proches des victimes décédées luttent pour survivre et recevoir des soins médicaux appropriés.

Khuda Bux Gadani, âgé de dix-neuf ans, souffre de graves brûlures et d’une jambe cassée à la suite de la catastrophe :

“Je travaillais tout en haut du navire lorsque soudain une explosion s’est produite. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, le bateau a pris feu. Je pouvais sentir ma jambe gauche qui brûlait et j’ai pensé que j’allais mourir. J’ai décidé de plonger à la mer, mais il n’y avait pas assez de profondeur et en sautant d’une hauteur d’environ 30 mètres, je me suis cassé la jambe. Je suis resté gisant dans l’eau pendant environ une heure avant que des travailleurs ne viennent en bateau nous secourir et nous emmener à l’hôpital, où se trouvaient déjà beaucoup de travailleurs,” a-t-il dit.

Khuda a initialement été emmené à l’Hôpital civil de Karachi, mais on lui a ensuite demandé de partir et il a été transféré dans un hôpital public dans la ville de Hub, qui ne dispose pas d’une unité pour les brûlés. Il repose entouré d’un filet pour protéger ses blessures des mouches et des moustiques. Il n’y a pas l’air conditionné dans cet hôpital et les fenêtres y restent ouvertes. Déjà très pauvre et travaillant pour aider son père à subvenir aux besoins d’une famille de dix, il n’a reçu aucune assistance pour payer ses soins.

Au moins 26 travailleurs ont perdu la vie, 50 ont été blessés et d’autres sont portés disparus et présumés morts. Au moment de l’explosion, il semblerait que des travailleurs étaient occupés à vider du pétrole des cuves lorsque des étincelles d’un chalumeau ont déclenché une énorme explosion. L’enfer qu’était l’incendie à bord du bateau a fait rage pendant deux jours, les services de secours étant incapables de s’approcher du navire en raison de l’intensité de la chaleur.

Une enquête menée par IndustriALL Global Union a également démontré que les proches qui dépendaient des victimes décédées sont en souffrance.

Le fils de 18 ans de Muhammad Hassan, Sanaullah, est mort carbonisé dans l’incendie du pétrolier. Il subvenait aux besoins d’une famille de huit en étant ouvrier sur le chantier de démolition navale de Gadani.

“Il était l’unique soutien de famille et après sa mort, nous sommes en colère que le gouvernement ne fasse rien pour comprendre ce qui s’est passé et ne nous fournisse aucune aide,” indique Muhammad Hassan.

“Je suis effondrée après la mort de mon fils,” nous confie la mère de Sanuallah, Azeema Hassan. “Je l’ai envoyé au travail, pas à la mort. Il devrait y avoir une enquête et les responsables de cet incendie devraient être punis.”

Lors d’une visite sur les lieux de la tragédie, qui s’est produite le 1er novembre, le Ministre fédéral des ports et du transport maritime, Hasil Khan Bizenjo, a promis d’assister et soutenir les victimes.

Selon l’affilié d’IndustriALL, la NTUF, qui représente des travailleurs de Gadani, le gouvernement a annoncé une indemnisation à hauteur d’1,5 million de roupies (14.000 dollars) pour les travailleurs décédés et de 100.000 roupies (950 dollars) pour les blessés, ce que le syndicat a cependant rejeté pour revendiquer 3 millions de roupies (28.000 dollars) par travailleur décédé et un 0,5 million de roupie (4.700 dollars) pour les blessés, respectivement.

Dans le même temps, le ferrailleur et le propriétaire du navire, qui sont en fin de compte les responsables de la sécurité des travailleurs, n’ont rien offert du tout. Des représentants du fisc au Pakistan estiment que chaque navire recyclé génère un revenu moyen de 4,5 millions de dollars. Le Pakistan possède le plus grand secteur de démolition des navires après la Chine et la Turquie.

Le gouvernement a fait fermer le chantier après l’explosion. Il y a environ 12.000 travailleurs occupés là au total, l’ensemble étant non-déclaré. Eux aussi, privés de travail, souffrent.

Le Secrétaire général de la NTUF, Nasir Mansoor, a déclaré : “Il est grand temps que le gouvernement reconnaisse le besoin de mettre en œuvre des normes de santé et sécurité sur les chantiers. Il est très important d’enregistrer ces travailleurs auprès de la sécurité sociale et de l’institut de pension et d’allocations de vieillesse ainsi que d’autoriser leur syndicalisation et de leur donner le droit de choisir démocratiquement leur représentant pour des négociations collectives. Le gouvernement devrait immédiatement retirer le décret qui a arrêté le démantèlement des navires et légiférer sur un code pour la démolition des navires, en consultation avec les représentants de travailleurs et en accord avec la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr des navires ainsi qu’avec les principes directeurs de l’OIT pour l’Asie du Sud.”