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Stop à l’antisyndicalisme chez le plus grand fabricant mondial de cintres

30 August, 2018IndustriALL Global Union appelle Mainetti, le plus grand producteur mondial de cintres destinés aux articles de mode, à mettre un terme à l’antisyndicalisme au sein de son usine du Sri Lanka.

La direction de la filiale de Mainetti, Mainettech Lanka (Pvt) Ltd, refuse de reconnaître l’affilié d’IndustriALL, le FTZ & GSEU (Syndicat des salariés des zones de libre-échange et des services), comme partenaire social et a mis à la porte le recruteur syndical local.

Le syndicat rapporte également qu’il a été fait pression sur certains adhérents pour qu’ils renoncent à leur affiliation et les travailleurs et travailleuses ont eu si peur de perdre leur emploi qu’ils ont démantelé la section syndicale de leur usine.

Le conflit, qui s’est enlisé pendant des mois, a débuté après que le FTZ & GSEU est parvenu à recruter 88 travailleurs et travailleuses de la filiale sri-lankaise de Mainetti, Mainettech Lanka (Pvt) Ltd, dépassant ainsi les quarante pourcents des effectifs requis légalement pour être reconnu en tant que partenaire de négociation collective.

L’entreprise a argué que le syndicat ne disposait pas de suffisamment d’adhérents pour atteindre les 40% de représentation. Cependant, le FTZ & GSEU soutient que ses effectifs atteignent 60% des travailleurs et travailleuses manuels disposant d’un contrat permanent chez Mainettech Lanka, à l’exclusion de ceux et celles employés par le biais d’agences ou prestant moins de 90 journées de travail.

En février 2018, Mainettech a suspendu le recruteur, le vice-président et le secrétaire de la section syndicale locale, se prévalant du fait qu’ils auraient organisé des réunions syndicales durant les heures de travail et perturbé la production. Cependant, le syndicat affirme que de telles réunions n’ont pas eu lieu. À l’issue d’une enquête interne, le recruteur local, G.G. Mahinda, a été mis dehors en mai 2018.

La maison-mère Mainetti emploie 5.000 personnes dans 49 pays et fournit certaines des plus grandes enseignes mondiales, comme Abercrombie and Fitch, Nike, Hugo Boss, Walmart et autres.

Après qu’IndustriALL a contacté des clients en avril 2018 pour les informer du conflit au sein de leur chaîne d’approvisionnement, la direction de la filiale au Sri Lanka a indiqué qu’elle n’était plus en mesure de discuter des revendications du syndicat.

Selon le FTZ & GSEU, la direction a poursuivi ses intimidations auprès des travailleurs et travailleuses, menaçant de fermer l’usine en cas de maintien du syndicat. En conséquence, certains adhérents ont signé des courriers signifiant qu’ils renonçaient à leur affiliation.

En juin 2018, Mainettech a menacé le président du syndicat de mesures disciplinaires sur base  de fausses accusations qu’il a fermement contestées. Soumis à une pression croissante, il a démantelé le syndicat et les charges ont été abandonnées.

Mainettech a également mis sur pied un conseil des salariés, sans permettre aux travailleurs et travailleuses de voter ou avoir suivi le protocole prescrit.

“La direction de Mainettech doit cesser ses attaques antisyndicales, réintégrer le recruteur local et cesser de se servir du conseil des salariés pour saper le syndicat. Les travailleurs et travailleuses devraient être libres d’exercer leur droit à rejoindre un syndicat, tel que la constitution de notre pays le garantit,” a déclaré Anton Marcus, Co-secrétaire du FTZ & GSEU.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

“Les travailleurs et travailleuses de la filiale de Mainetti au Sri Lanka ont été laissés pour compte, sans syndicat, en dépit de leur désir légitime d’être représentés par notre affilié. Nous exhortons Mainetti à intervenir pour résoudre le conflit chez Mainettech Lanka de sorte que le FTZ & GSEU soit reconnu en bonne et due forme en tant que partenaire légal de négociation collective. Nous voulons également que l’ancien recruteur syndical soit réintégré avec effet immédiat. Nous continuerons à contacter les enseignes qui se fournissent auprès de Mainettech pour que celles-ci se conforment à leurs engagements internationaux sur le respect des droits des travailleurs au sein de leur chaîne d’approvisionnement.”