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Membres du Comité des femmes d’IndustriALL du Zimbabwe.

Chœur du ZCTU chantant lors de la commémoration de la Journée mondiale pour un travail décent.

Travailleurs participant à la réunion du ZCTU en commémoration de la Journée mondiale pour un travail décent.

Zimbabwe: les syndicats organisent les travailleurs malgré les nombreux obstacles rencontrés

18.10.2017

Selon le Comité des femmes d’IndustriALL Global Union réuni à Harare, le 13 octobre, l’efficacité de la lutte en faveur des droits des travailleurs repose sur l’adhésion syndicale des travailleurs zimbabwéens.

C’est en syndicalisant davantage de travailleurs que les syndicats peuvent accroître leur pouvoir et affronter les employeurs sur la question des violations des droits des travailleurs, notamment le paiement tardif des salaires, la discrimination à l’égard des femmes et le harcèlement sexuel.

Les rapports sur les campagnes de syndicalisation et de recrutement menées dans le cadre des projets de renforcement des syndicats réalisés par les organisatrices de sept affiliés à IndustriALL dans les secteurs de la chimie, de l’énergie, de la confection et des textiles, de l’ingénierie, des métaux, minier et automobile, mettent en évidence non seulement les progrès accomplis mais aussi les difficultés rencontrées.

Les questions sur l’importance d’adhérer à un syndicat, les droits des travailleurs, la santé, la sécurité et la protection sociale sont abordées au cours des campagnes de syndicalisation menées sur les lieux de travail. Des politiques en faveur de l’égalité des sexes ont été également élaborées.

Les participants à la réunion ont discuté de la façon avec laquelle la syndicalisation a été durement touchée par la crise politique et économique en cours. La crise, qui a atteint son point culminant en 2008, a conduit la majorité des secteurs industriels à la ruine. L’hyperinflation a atteint des taux records et la monnaie locale a été abandonnée. Le taux de chômage, estimé à environ 90 pour cent, conduit la plupart des gens a travaillé dans le secteur informel.

La majorité des industries au Zimbabwe ont fermées, réduit les heures de travail ou licencié des travailleurs. Ceux qui n’ont pas perdu leur emploi voient leur jour de paie varier d’un mois à plus de 12 mois. Certains employeurs payent seulement 25 pour cent des salaires. D’autres avantages, comme les soins médicaux et la retraite, n’existent pas.

Les cotisations syndicales versées par les travailleurs ne sont pas systématiquement reversées aux syndicats conformément à la législation, aggravant leurs finances.

Les affiliés se sont engagés à continuer de lutter contre le paiement irrégulier des salaires par la majorité des employeurs. Selon un rapport de l’Institut de l’emploi et de la recherche sur le développement économique du Zimbabwe, le vol des salaires est courant.

« Le non-paiement des montants légalement dus aux travailleurs est un vol des salaires dans la mesure où les employeurs prennent l’argent qui appartient à leurs employés et le gardent pour eux-mêmes. C’est une violation flagrante des normes internationales du travail ainsi que de la législation nationale sur l’emploi des travailleurs ».

Le Congrès zimbabwéen des syndicats a fait campagne contre ce problème, qui concerne 120 000 travailleurs.

Selon Angeline Chitambo, présidente du syndicat des travailleurs du secteur de l’énergie du Zimbabwe et coprésidente régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, le comité des femmes a joué « un rôle essentiel dans la mobilisation de la participation et du militantisme des femmes dans les syndicats » ainsi que « dans la lutte contre la mondialisation et le néolibéralisme sous toutes ses formes ».

Fabian Nkomo, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne a indiqué:

« Il est inacceptable que les employeurs ne paient pas les salaires en temps voulu. Nous continuerons de soutenir les efforts déployés par le comité des femmes pour mettre fin à cette exploitation des travailleurs.