Le salaire minimum a été révisé pour la dernière fois au Bangladesh en novembre 2023, lorsque le gouvernement a augmenté le salaire de base dans la confection de 8.000 takas (66 dollars) à 12.500 takas (104 dollars), avec une augmentation annuelle de cinq pourcents. Les syndicats, y compris les affiliés d’IndustriALL, avaient demandé un salaire minimum de 23.000 takas (190 dollars), avec une augmentation annuelle de 10 %, mais l’augmentation salariale finale était plus conforme à la proposition faite par les propriétaires des usines de confection. Cette situation a donné lieu à des manifestations massives à Dhaka, qui ont été accueillies par des actions policières brutales conduisant à l’assassinat de travailleurs et travailleuses et à l’ouverture de poursuites pénales à l’encontre de dirigeants syndicaux.
Nazma Akter, membre du Comité exécutif d’IndustriALL et Présidente de la fédération Sommilito Garments Sramik, a déclaré :
“Avec une inflation supérieure à 11 %, l’augmentation annuelle supplémentaire de 4 % est dérisoire. Les travailleuses et travailleurs du prêt-à-porter sont incapables de survivre étant donné l’absence de croissance réelle des salaires et l’augmentation du coût de la vie. Nous exhortons le gouvernement à mettre en place un nouveau Conseil du salaire minimum dès que possible et à réviser le salaire en tenant compte des besoins des travailleuses et travailleurs et à veiller à ce qu’ils reçoivent un salaire vital et non un salaire de misère.”
Avec ses affiliés, IndustriALL fait pression pour des négociations sectorielles juridiquement contraignantes afin d’améliorer les conditions de travail et les salaires dans le secteur. Grâce à la plateforme de dialogue entre les employeurs, les syndicats et les acheteurs dans le cadre de l’initiative Action, Collaboration, Transformation (ACT), IndustriALL développe une approche commune de la négociation collective, soutenue par des pratiques d’achat pertinentes des acheteurs mondiaux.
Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :
“Nous pensons qu’il est nécessaire de construire un cadre mondial qui permette des négociations collectives au niveau du secteur afin d’améliorer les conditions de travail et les salaires et de veiller à ce que les pratiques d’achat des enseignes soutiennent directement les négociations collectives. C’est un moment unique pour les travailleurs et les employeurs du Bangladesh en vue de mettre en place une industrie du prêt-à-porter meilleure et plus juste et nous invitons les associations d’employeurs à travailler conjointement avec nous pour atteindre cet objectif.”
Crédit photo : OIT Asie-Pacifique Flickr
