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Les syndicats d’ArcelorMittal exigent que l’entreprise donne la priorité aux travailleurs

La santé et la sécurité, la remise en cause des conventions collectives, le manque d’investissement, l’affaiblissement du dialogue social, les conditions de travail précaires et dangereuses étaient les principaux points à l’ordre du jour de la réunion du réseau mondial d’ArcelorMittal qui s’est tenue les 16 et 17 novembre derniers.

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La réunion s’est déroulée au lendemain d’un horrible événement à la mine de charbon de Kostenko au Kazakhstan, où 46 travailleurs ont perdu la vie dans un incendie dévastateur. Cet accident n’est pas isolé et reflète une plus vaste tendance à la négligence et au sous-investissement au niveau des normes de santé et de sécurité au travail (SST) de la part d’ArcelorMittal.

Les syndicats ont souligné la nécessité d’être inclus dans la commission d’enquête indépendante actuellement mise en place au Kazakhstan pour se pencher sur ces décès.

Au cours des dix dernières années, 307 travailleurs ont perdu la vie sur des sites d’activité d’ArcelorMittal à travers le monde, les chiffres les plus élevés étant enregistrés au Kazakhstan, en Ukraine et en Afrique du Sud.

L’approche financière de l’entreprise, qui prend souvent le pas sur la santé et la sécurité des travailleurs, a été mise en évidence. Cette priorité, associée à un déficit flagrant en matière d’investissement et d’engagement dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail, expose systématiquement les travailleurs à des risques excessifs.

Les syndicats ukrainiens ont exprimé leur frustration face au refus d’ArcelorMittal de prolonger les conventions collectives, déclarant qu’il s’agissait d’une forme de chantage à la convention collective.

Les syndicats du Mexique, du Canada, du Brésil, de la République tchèque et d’Afrique du Sud ont fait part de leurs inquiétudes quant au manque de volonté de l’entreprise en matière de dialogue social et de consultation des syndicats, ce qui met à rude épreuve les relations. Les syndicats brésiliens et sud-africains ont insisté sur l’exposition des travailleurs à des conditions de travail dangereuses et à une chaleur extrême.

De nombreux appels ont été lancés à ArcelorMittal pour que la priorité soit donnée à la santé et à la sécurité des travailleurs plutôt qu’à des objectifs financiers. Les syndicats ont déclaré qu’il était urgent d’investir massivement dans les infrastructures de sécurité et de mettre en place un dialogue social efficace.

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré :

“Cette récente réunion a révélé les dures réalités et les défis auxquels les travailleurs et travailleuses sont confrontés chez ArcelorMittal. En tant que fédération syndicale internationale, nous sommes unis et déterminés à exiger des changements immédiats et substantiels.

ArcelorMittal doit prendre nos revendications au sérieux et répondre positivement à nos appels en faveur de mesures de sécurité renforcées, d’un véritable investissement dans le bien-être des travailleurs et d’une implication significative auprès des syndicats. Si l’entreprise continue d’ignorer ces questions cruciales, elle doit se préparer à faire face à une réponse mondiale forte et coordonnée.

Nous n’hésiterons pas à prendre des mesures énergiques pour garantir le respect de la sécurité et des droits de tous les travailleurs et travailleuses. Le moment est venu pour ArcelorMittal d’agir et de faire preuve d’un véritable engagement envers sa main-d’œuvre.”

IndustriALL prévoit de rencontrer la direction d’ArcelorMittal pour discuter de l’amélioration des mesures de sécurité et de l’implication des syndicats, ainsi que d’une éventuelle campagne mondiale de sensibilisation à la sécurité et de la poursuite du dialogue entre les syndicats afin d’élaborer des stratégies et de coordonner les actions futures.

La réunion a rassemblé 80 participants de 37 syndicats de pays tels que l’Argentine, le Brésil, la Belgique, la France, l’Italie, l’Espagne, la Pologne, l’Ukraine, le Kazakhstan, les Fidji, le Canada, le Suriname, le Liberia, la Zambie, l’Afrique du Sud, le Mexique, le Maroc et le Luxembourg.

Illustration : Shutterstock

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