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Des mineur·euses en combinaisons bleues et casques défilant le long d'une route à travers des collines arides près de M'rirt, Maroc, en signe de protestation après une explosion mortelle dans une mine

Trois mineurs tués dans l’explosion au sein d’une mine au Maroc

Des mineurs défilent vers le siège de la préfecture de Khenifra pour manifester leur mécontentement après l’explosion mortelle survenue à la mine d’Igherm Oussar.

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29 septembre, 2026Trois mineurs ont trouvé la mort dans une explosion survenue lors d’opérations de forage à la mine de Touissit, à M’rirt, au Maroc, ce 25 septembre. Le site est exploité par Work Mine. Deux personnes sont décédées sur place, la troisième plus tard à l’hôpital.

Le Syndicat national de l’énergie et des mines (SNEM-CDT) a dénoncé ce fait dramatique dans un communiqué publié le 26 septembre. Il a déclaré que ces décès s’inscrivent dans un contexte plus large d’accidents du travail liés au non-respect des exigences en matière de santé et sécurité. Il a ajouté que la direction n’a pas donné suite aux avertissements répétés des mineurs et des syndicalistes concernant les risques sur le lieu de travail.

Le syndicat réclame une enquête urgente

Selon le SNEM-CDT, la direction privilégie les profits au détriment de la vie des salariés et laisse des explosions se produire dans la mine, sachant que les règles de sécurité ne sont pas suffisamment respectées. Le syndicat a réclamé une enquête urgente afin d’établir les responsabilités et de protéger les droits des travailleurs et de leurs familles.

Mohammed Kelmouss, Secrétaire général du SNEM-CDT, a affirmé que ces derniers décès ne constituent pas un fait isolé :

« Cela fait des décennies que nous donnons l’alerte, par le biais de plus de trente lettres, quant à l’absence de mesures de sécurité adéquates mais la direction est restée sans réaction. Les autorités compétentes n’ont pas non plus donné suite à nos demandes d’inspections sur le lieu de travail. »

Mohammed Kelmouss a martelé que des conditions de travail décentes et un environnement de travail sûr restent au cœur de l’action du syndicat. Ce dernier avait d’ailleurs prévu d’organiser, début octobre, des réunions avec les filiales de l’entreprise qui gèrent l’exploitation sur différents sites afin de discuter des moyens d’améliorer les conditions de travail. L’accident s’est produit avant que ces rencontres n’aient pu avoir lieu.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

« Aucun travailleur ne devrait mourir pour générer des profits. Le SNEM-CDT tire la sonnette d’alarme depuis des années mais la direction et les autorités ont refusé de l’écouter. IndustriALL exprime sa solidarité avec les familles des victimes et avec le SNEM-CDT. Nous soutenons sa demande en faveur d’une enquête urgente et de mesures de sécurité immédiates. »

La région a déjà connu des accidents mortels similaires. En 2015, un travailleur est mort par asphyxie à la mine d’Amgar, à Jebel Aouam, dans un contexte de lacunes avérées en matière de sécurité. En 2018, une explosion de dynamite dans une mine de la même région a tué un travailleur et en a blessé trois autres. Ces drames ont conduit les syndicalistes, les travailleurs et les riverains à organiser des manifestations pour réclamer des mesures plus strictes en matière de santé et sécurité au travail.