• Cet article est proposé en:
  • en
  • es
  • fr
  • ru

Les travailleuses/eurs d’une fabrique de textile au Lesotho. Source: Flickr/World Bank

Avenir encore incertain pour l’AGOA

15.08.2014

Des dizaines de milliers d’emplois dans le secteur africain de la confection, qui dépendent des exportations aux États-Unis, sont menacés à moins que le Congrès américain autorise de toute urgence la reconduction de loi connue sous le nom de Africa Growth Opportunity Act (AGOA).

Les échanges et l’investissement, notamment l’extension de l’AGOA, se trouvaient en tête de l’ordre du jour du sommet américain des dirigeants africains du 4 au 6 août 2014 à Washington DC.  L’AGOA est un programme commercial préférentiel non réciproque avec lequel des produits de pays d’Afrique subsaharienne éligibles sont admis en franchise de droits aux marchés des États-Unis. Cette loi a été adoptée par le Congrès des États-Unis sous le gouvernement Clinton, en 2000, et arrivera à expiration en septembre 2015.  L’incertitude sur son extension a un impact de plus en plus négatif sur les commandes auprès des fournisseurs africains.

En conséquence, IndustriALL Global Union demande que l’AGOA devienne un programme permanent pour encourager un investissement à long terme de capitaux plus importants qui pourrait également conduire à une plus grande diversité des exportations de la région. 

Des dizaines de milliers d’emplois dans le secteur de la confection dépendent d’exportations dans le cadre de l’AGOA, qui représentent le cinquième des exportations non-pétrolières aux termes de l’accord commercial. Cependant, les conditions de travail sont souvent mauvaises dans beaucoup de ces ateliers et fabriques de la confection.

On trouve de nombreux exemples, et le plus récent concerne Jane Ragoo et Reaaz Chotoo du syndicat mauricien des salariés de la fabrication de produits chimiques et des secteurs connexes, qui ont signalé que “les intérêts des travailleurs et travailleuses sont les moins prioritaires pour l’AGOA et donc pour les États-Unis. Les salaires sont si bas et l’emploi si précaire qu’une grande majorité des travailleuses et travailleurs mauriciens ne veulent pas travailler dans le secteur du textile.  En conséquence, les migrants de l’étranger constituent plus de 50 pour cent de la main-d’œuvre dans le textile, et ce nombre augmente de mois en mois. Ainsi, l’obtention d’un avantage concurrentiel dans le secteur du textile à Maurice provient de l’exploitation d’une main-d’œuvre étrangère.”

IndustriALL a également recommandé que la disposition spéciale donnée aux pays les moins développés, qui permet à du tissu d’un troisième pays d’être employé pour la production de vêtements destinés à l’exportation sous l’AGOA, s’étende à tous les pays admissibles à l’AGOA, comme l’Afrique du Sud.

“Les exportations de vêtements d’Afrique du Sud aux USA se sont effondrées depuis le début des années 2000, en partie du fait qu’elles se sont trouvées distancées par les exportations de pays surtout asiatiques et parce que le secteur du textile sud-africain a diminué avec moins de filatures, de tissage et de tricotage,” affirme Etienne Vlok, chercheur auprès du syndicat des travailleurs de la confection et du textile d’Afrique australe. “Cela signifie qu’il est devenu très difficile de se conformer à la règle actuellement en vigueur à l’AGOA sur l’emploi de fil et de tissu locaux pour tirer avantage de l’AGOA.”

IndustriALL espère que la révision de l’AGOA tiendra compte de la nécessité de corriger les conditions d’exploitation et d’autres questions, ce qui permettra de renforcer la protection des travailleuses et travailleurs et des emplois. Le fait de tenir dûment compte des recommandations des syndicats, notamment de la plus importante fédération de syndicats des États-Unis – l’AFL-CIO, ainsi que d’autres interlocuteurs, peut prolonger le temps nécessaire à la rédaction du texte permettant la reconduction. On ignore à quel moment le Congrès se prononcera sur l’AGOA, avec un peu d’espoir que l’extension aura lieu avant 2015.