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Des travailleurs russes de la chimie forcés d’adhérer à un syndicat jaune

24.10.2013

Dans l’entreprise JSC Gazprom Neftekhim Salavat (ex Salavatnefteorgsintez) en Bachkirie, les salariés sont poussés hors du syndicat russe des travailleurs de la chimie (RCWU), affilé à IndustriALL, pour adhérer à un syndicat jaune créé par la direction de l’entreprise.

Selon le RCWU, il y a depuis l’année dernière deux organisations syndicales en activité dans les installations de l’entreprise, l’une est le RCWU, représentant depuis longtemps les travailleurs et travailleuses de la chimie en Russie, et l’autre de création récente est annoncée comme faisant partie d’un ‘Syndicat no 1’. Selon le personnel de l’entreprise, la deuxième organisation est un projet de la direction de l’entreprise, qui a entrepris une vaste campagne pour obtenir le départ des travailleurs et travailleuses de leur véritable syndicat et les faire adhérer à un syndicat jaune ou comme ils disent à un syndicat de “poche”.

Les salariés sont maintenant l’objet d’une pression constante. Selon Vladimir Morozov, président de la section syndicale du RCWU, le directeur technique a reçu l’ordre clair de transférer tous les travailleurs et travailleuses de l’usine “Monomer”, l’une des usines appartenant à l’entreprise, au syndicat jaune contrôlé par la direction. Un échec dans l’exécution de cet ordre le marquerait comme étant “incompatible avec son emploi” et amènerait tôt ou tard son renvoi. 

Le RCWU croit que le conflit trouve sa source dans la décision de la direction de prendre quelques décisions impopulaires comme l’arrêt du paiement compensatoire pour des conditions de travail dangereuses, ainsi que le passage du travail posté de cinq à quatre équipes selon la durée du travail, ce qui se traduira par de nouveaux licenciements et l’augmentation des heures de travail pour la main-d’œuvre restante. Le RCWU n’accepterait jamais cette proposition alors que le syndicat “jaune” est certainement plus facile à manipuler. 

Selon le RCWU, en dépit d’une pression psychologique extrême, de nombreux salariés continuent de payer leur cotisation d’adhésion directement à leur véritable syndicat, pour éviter de se faire reconnaître par la direction avec le système du précompte, leur seule demande étant de rester anonymes. Vladimir Morozov s’est vu interdire l’accès au site de l’entreprise, le département financier ne lui transmet plus aucun document nécessaire à l’activité du syndicat et a cessé d’accepter les demandes des membres du RCWU pour la déduction du montant des cotisations syndicales par le système du précompte. 

La Fédération des syndicats indépendants de Russie et le RCWU ont écrit au Conseil d’administration de Gazprom, l’entreprise mère, pour l’informer des infractions aux droits des travailleurs et travailleuses commises par des entreprises de Gazprom, pour le libre choix d’un syndicat. Ils ont reçu une réponse cynique qui indiquait qu’à la connaissance de Gazprom , “il n’y avait aucune confirmation des faits indiqués dans la lettre”, et qu’il ne s’agissait que d’une bataille d’effectifs entre deux syndicats. 

L’investigation du bureau du procureur de la ville de Salavat a pourtant trouvé la preuve d’une infraction aux droits des travailleurs et travailleuses dans l’entreprise.

IndustriALL est indigné de l’arbitraire qui règne en Bachkirie chez JSC Gazprom Neftekhim Salavat, et a envoyé une lettre au directeur général de JSC Gazprom Neftekhim Salavat, ainsi qu’au vice-président du conseil d’administration de OAO Gazprom, pour demander une véritable investigation et une amélioration de la situation dans leur entreprise. 

JSC Gazprom Neftekhim Salavat est spécialisé dans la production et la commercialisation de raffinerie de pétrole, de gaz et de produits chimiques, et de produits monomères dans la fédération de Russie.