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À Gresik, en Indonésie, les travailleurs de PT Smelting aux prises avec des centaines de policiers pendant la grève du 9 mars 2017. Photo : FSPMI

Manifestation pacifique en forme de "sit-in" des grévistes devant PT Smelting, le 9 mars en Indonésie

Des gardes armés veillent sur les pourparlers de médiation avec les syndicats à Girsek, le 6 mars 2017

Des gardes armés veillent sur les pourparlers de médiation avec les syndicats et l'administration locale du travail à Girsek, le 6 mars 2017

Freeport Indonesia poursuit ses exactions dans une fonderie

01.06.2017

Une fonderie de Java oriental fortement tributaire du concentré de cuivre produit par la mine de Grasberg de PT Freeport Indonesia frappée par une action de grève connaît à son tour un conflit du travail.

Plus de 300 travailleurs de PT Smelting, qu'exploitent ensemble ses propriétaires Mitsubishi Materials et l'entreprise PT Freeport Indonesia de Freeport-McMoRan, ont été licenciés après avoir participé à une action de grève le 19 janvier 2017.

En 2016, PT Freeport Indonesia a fourni près de 90 % des besoins de PT Smelting en concentré de cuivre.

Comme c'était le cas pour les 2.000 travailleurs renvoyés à la gigantesque mine de cuivre et d'or de Grasberg, en Papouasie occidentale, PT Smelting prétend que 309 travailleurs ont démissionné volontairement en participant à la grève. Aucun n'a reçu son salaire depuis. L'entreprise a aussi refusé les prestations et droits dus à la famille d'un des grévistes décédé entretemps.

Le conflit a éclaté lorsque PT Smelting a enfreint la convention collective en matière de salaires sans avoir consulté les syndicats. Notre affilié, la Fédération des syndicats indonésiens de travailleurs de la métallurgie (FSPMI), est un des syndicats indépendants représentant les travailleurs de cette usine.

PT Smelting n'a pas suivi la procédure de médiation requise au niveau local et a porté le litige relatif aux licenciements devant le tribunal du travail de Gresik. Les 309 travailleurs, parmi lesquels des membres et des dirigeants du syndicat, ont été convoqués à une audience qui a débuté le 31 mai.

PT Smelting a également rejeté une offre de médiation de la Commission nationale des droits de l'homme d'Indonésie.

Les syndicats ont demandé au Président-directeur japonais de PT Smelting, Hiroshi Kondo, d'entamer un dialogue afin de sortir de ce conflit. Ils veulent que l'entreprise réintègre les 309 travailleurs qui ont été licenciés illégalement et se conforme à la convention collective et à l'accord commun sur le travail. Ils réclament aussi que PT Smelting verse les prestations dues à l'épouse et aux enfants du travail décédé, Agus Setiawan.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

Nous exhortons PT Smelting à abandonner immédiatement la procédure en justice entamée contre plus de 300 travailleurs et à les réintégrer. Le gouvernement indonésien doit lui aussi intervenir pour éviter que le conflit s'envenime et revenir sur la résiliation cynique des contrats des travailleurs, qui est une violation flagrante des normes internationales du travail, notamment du droit de grève.

Les faits :

  • Les propriétaires de PT Smelting sont PT Freeport Indonesia (25 %), Mitsubishi Materials (60,5 %) et Mitsubishi Corporation Unimetals (9,5%)
  • PT Freeport Indonesia a fourni 88 % des besoins de PT Smelting en concentré en 2016
  • PT Smelting absorbe entre 40 et 50 % de la production de PT Freeport Indonesia