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“Qu’il n’y ait plus de morts dans les mines. Le gouvernement turc doit ratifier la C176 de l’OIT maintenant, sans délai”, martèle IndustriALL

28.10.2014

Une fois de plus, la culture de l’industrie minière turque, qui fait passer le profit avant les gens, a débouché ce 28 octobre sur de nouveaux probables décès. Dix-huit mineurs sont pris au piège à 300 mètres de profondeur dans une exploitation située près de la ville d’Ermenek dans la province de Karaman.

Vingt travailleurs ont été secourus ou se sont échappés par leurs propres moyens du charbonnage envahi par les eaux. Mais l’espoir faiblit pour leurs dix-huit camarades qui restent prisonniers sous terre. Bien que l’eau soit pompée, le risque grandit avec le temps qui passe pour ces hommes toujours au fond. Aucun contact n’a pu être établi avec les dix-huit victimes.

La cause de l’envahissement de la mine par les eaux n’a pas encore été établie. Mais la conviction profonde et la thèse soutenue par IndustriALL est que tout accident minier est évitable.

Plus de 3.000 personnes ont été tuées et plus de 100.000 blessées à des degrés divers entre 1941 et ce jour dans des accidents miniers en Turquie. On dénombre 740 charbonnages et 48.706 mineurs dans le pays.

Moins de six mois après l’homicide industriel de Soma qui a coûté la vie à 301 mineurs turcs le 13 mai dernier, dix-huit mineurs sont maintenant prisonniers des galeries du charbonnage inondé de Has Sekerler.

Très récemment, le Cabinet a transmis un projet de loi au Parlement visant à ratifier la Convention 176 de l’OIT sur la Sécurité dans les Mines à la suite d’une lutte et d’un lobbying efficaces de la part des organisations syndicales locales et internationales et avec l’appui ferme de l’opinion publique. Cependant, l’affaire est toujours en suspens à l’ordre du jour du Parlement.

L’Organisation internationale du Travail a organisé plus tôt dans le mois une Réunion nationale tripartite sur l’amélioration de la santé et la sécurité professionnelles dans les mines en Turquie. Représentants du gouvernement, des travailleurs et des employeurs, ainsi que d’autres parties prenantes concernées, ont conclu les débats par un accord sur les principaux éléments d’une feuille de route pour l’amélioration de la santé et de la sécurité professionnelles dans le secteur.

De plus, le Parlement turc a adopté en septembre un projet de loi qui donne aux mineurs de nouveaux droits concernant le temps de travail, les primes de licenciement, l’âge de la retraite, le salaire le plus bas, qui devrait être le double du salaire minimum, ainsi que des prérogatives légales en faveur des victimes de Soma et leurs familles. Cependant, une approche cohérente des questions de santé et de sécurité fait encore défaut.
Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

L’attention des médias du monde entier se tourne une nouvelle fois vers les dangers insensés auxquels sont soumis les mineurs turcs par un secteur non régulé. À présent, il n’est simplement plus permis au gouvernement turc d’ignorer les appels à l’action en matière de santé et sécurité dans les mines. Le premier geste à poser en urgence est la ratification et la mise en œuvre de la Convention 176 de l’Organisation internationale du Travail qui permettra d’aligner le secteur sur les normes internationales. La vie des travailleurs n’est pas une marchandise que l’on peut échanger contre le coût de mesures en faveur de la sécurité.

IndustriALL envoie des courriers au Président du Parlement de Turquie, au Premier Ministre, aux leaders de groupes parlementaires de l’opposition et à des membres individuels du Parlement en vue d’accélérer le processus de ratification.