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Risques plus grands pour la santé et la sécurité chez les travailleurs précaires

02.10.2014

Trois personnes sur quatre qui ont trouvé la mort la semaine dernière dans une mine en Indonésie, possédée en partie par Rio Tinto, étaient des travailleurs précaires. Mardi prochain 7 Octobre, les affiliés de IndustriALL chez Rio Tinto se joindront à la campagne mondiale “Stop travail précaire” pour exiger le respect par Rio Tinto des droits des travailleurs et travailleuses, la santé et la sécurité au travail, et que l’entreprise arrête de provoquer une dégradation de l’emploi en embauchant une main-d’œuvre précaire.

La majorité des syndicats chez Rio Tinto, qui contrôlent actuellement sur leurs sites d’activité la situation de l’emploi précaire, ont signalé son augmentation. En France, l’emploi précaire touche 25 pour cent de la main-d’œuvre, alors que cinq ou dix ans plus tôt, il était seulement de cinq pour cent. En février 2014, chez Qit Madagascar Minerals, les salariés précaires étaient deux fois plus nombreux que les emplois directs. Le licenciement de salariés permanents, tout en gardant des employés occasionnels à la mine de Hail Creek en Australie cette année en mai, illustre parfaitement la course vers une optimalisation des bénéfices chez Rio Tinto, qui tente de remplacer sa main-d’œuvre permanente par des travailleurs précaires.

Rio Tinto a recours à une relation de travail triangulaire pour échapper à sa responsabilité et contrecarrer l’action syndicale. Voir le licenciement de centaines de salariés d’OMEGA à Madagascar.

L’accident en Indonésie montre une fois de plus que la main-d’œuvre précaire chez Rio Tinto n’est pas l’exception à la règle, et que ces travailleurs sont plus susceptibles d’être les victimes d’un accident lié à la santé et la sécurité que les personnes employées sur une base permanente. Les syndicats sur certains sites d’exploitation de Rio Tinto ont indiqué que les travailleurs délocalisés étaient traités différemment que les permanents en matière de santé et de sécurité. Sur l’un des sites, les travailleurs précaires se servent d’un équipement de protection obsolète à l’inverse des salariés directs. Et ce n’est pas seulement la seule différence de traitement que les délocalisés subissent chez Rio Tinto. En Afrique du Sud, le syndicat signale que les écarts salariaux entre travailleurs délocalisés et salariés directs sont énormes. La main-d’œuvre précaire reçoit de très bas salaires et elle n’a pas droit aux primes. À Alma au Québec, les travailleurs précaires sont payés moitié moins que les salariés permanents embauchés directement.

Le réseau mondial de Rio Tinto a dénoncé cette situation en février dernier à Cape Town (Le Cap). C’est ainsi que dans le cadre de la campagne mondiale de Rio Tinto, le réseau a choisi la date du 7 octobre pour organiser une Journée mondiale d’action chez Rio Tinto, le même jour que celui de la mobilisation des syndicats du monde entier contre l’emploi précaire.

Les syndicats chez Rio Tinto ont déjà riposté pour limiter l’emploi d’une main-d’œuvre précaire. En 2012, après un lock-out de six mois au Canada chez Rio Tinto à Alma, United Steel Workers (USW) a réussi à négocier une convention collective qui limite l’emploi de travailleurs délocalisés à 10 pour cent des heures travaillées. À Kitimat, UNIFOR a signalé que les dispositions de la convention collective limitent l’emploi de salariés temporaires à 6,5 pour cent du nombre total d’heures travaillées. D’autres syndicats ont inscrit cette question à l’ordre du jour de leur négociation collective.

Une fois de plus, les syndicats de Rio Tinto diront le 7 octobre : “NON Travail précaire!”