• Cet article est proposé en:
  • en
  • fr

Sénégal : les syndicats se renforcent par le biais du recrutement et des collaborations

12.03.2019

Plus de 30 participant(e)s, présent(e)s lors d’un atelier sur le renforcement syndical et d’une réunion des femmes, à Dakar, ces 25 et 26 février derniers, ont pris la résolution de recruter et syndiquer davantage de travailleurs et travailleuses, de défendre les droits des femmes travailleuses, de combattre le travail précaire, de renforcer les capacités en matière d’encadrement et d’augmenter les collaborations entre syndicats.

Les participant(e)s ont débattu des stratégies pour bâtir des syndicats durables par le biais de la formation en matière d’encadrement, du renforcement de la solidarité syndicale au détriment de la concurrence, du soutien des capacités de développement syndical et de la constitution d’un comité national de coordination qui soit responsable d’actions et de campagnes conjointes.

Un exercice d’évaluation organisationnelle s’est penché sur les syndicats pour estimer ce qui fonctionne et ce qui doit faire l’objet d’attention. Les stratégies pour renforcer les syndicats au Sénégal seront mises en œuvre par le biais d’activités dans le cadre de projets de renforcement syndical.

L’atelier a également rendu hommage au projet sur le travail précaire récemment conclu (2015-2017), qui a vu plus de 11.000 travailleurs et travailleuses passer sous statut permanent après la conversion de leur emploi informel et à court terme au Burkina Faso, au Cameroun, au Nigeria et au Sénégal.

Environ 29.000 travailleurs et travailleuses précaires ont été recrutés par les syndicats dans ces quatre pays. Le projet a également conduit à de meilleurs salaires et conditions de travail, avec des améliorations en termes de santé et sécurité sur les lieux de travail et le versement de prestations en matière de soins de santé, de congé, de logement ou de frais de déplacement.

Organisés par le bureau régional pour l’Afrique sub-saharienne d’IndustriALL Global Union, avec le soutien de la centrale syndicale belge CSC-ACV et la Fédération française de la chimie et de l’énergie FCE, l’atelier et la réunion ont vu la participation de membres, principalement des femmes, des affiliés d’IndustriALL SNTIT, SNTICS, SYNTICS et SUTIDS.

Ces affiliés sont actifs dans les secteurs de la chimie, des mines, du textile et de la confection ainsi que dans ceux des industries manufacturières. Les autres pays qui font partie du projet, qui est cofinancé par Union to Union (Suède) et où des activités similaires ont lieu, sont le Burkina Faso, la République Démocratique du Congo, le Lesotho, Madagascar, la Zambie et le Zimbabwe.

Jan Franco, Responsable international de la CSC-ACV, indique :

“Les défis pour les syndicats sénégalais sont énormes. Au cours des réunions de planification, les participants ont identifié des priorités et des buts atteignables. Ce qui me frappe est la volonté de ces syndicalistes de coopérer ainsi que la présence active de femmes et de jeunes. Le climat d’ouverture et le débat sur les approches et les modes d’action ont démontré une aptitude à renforcer les capacités.”

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale pour l’Afrique sub-saharienne, va dans le même sens :

“Nous applaudissons l’engagement des syndicats sénégalais par rapport à la collaboration parce que c’est de là que les syndicats tirent leur force. Comme discuté lors de la réunion des femmes, il est important de donner une priorité aux problématiques auxquelles les femmes sont confrontées sur le lieu de travail, y compris le harcèlement sexuel et la violence fondée sur le genre. Les syndicats doivent s’assurer que celles-ci sont prises en compte.”