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Au-delà des accords miniers

Le rassemblement annuel à Cape Town de l'Indaba minier et de son pendant, l'Indaba minier alternatif, a une fois de plus mis en évidence le fossé profond qui caractérise une grande partie du secteur extractif sur le continent : d'un côté, les accords conclus entre les investisseurs, les sociétés minières et les gouvernements ; de l'autre, les revendications des communautés riveraines concernées et des syndicats pour un partage plus équitable des bénéfices.

Mines et DGOJPEnglishEspañol
Cobalt extrait, République démocratique du Congo (RDC). Crédit photo : Aftonbladet
Cobalt extrait, République démocratique du Congo (RDC). Crédit photo : Aftonbladet
  • Cobalt extrait, République démocratique du Congo (RDC). Crédit photo : Aftonbladet
  • Participants à l’Alternative Mining Indaba, Le Cap, février 2026.
  • Le directeur du secteur minier d’IndustriALL, Glen Mpufane, à l’Alternative Mining Indaba, Le Cap, février 2026.

Cette année, les deux événements se sont déroulés en parallèle, du 9 au 12 février, dans des lieux distincts de la ville. L’Indaba traditionnel, centré sur les investisseurs et les entreprises, a attiré, comme à l’accoutumée, une foule de cadres à la recherche de partenariats et de flux de capitaux dans le domaine des minerais critiques. En revanche, l’Indaba minier alternatif, placé sous le thème « Alternative Stories of Mining » (Récits alternatifs de l’exploitation minière), a mis en exergue les perspectives des communautés autochtones marginalisées, des syndicats et des associations de la société civile. Il a prôné des pratiques minières qui réduisent la pauvreté, atténuent les inégalités et favorisent des moyens de subsistance durables plutôt que de se contenter de soutirer de la valeur.

Le contraste persistant entre la richesse générée par les mines et la pauvreté permanente des communautés riveraines a occupé le cœur des débats, tout comme le risque de créer des zones dites « sacrifiées pour l’environnement », où les coûts de la transition énergétique mondiale pèsent de manière excessive sur les populations vulnérables des régions riches en minerais.

Les syndicats, notamment les affiliés d’IndustriALL d’Australie, de Namibie, d’Afrique du Sud et du Zimbabwe, ont participé activement aux deux forums. Ils ont fait pression sur les entreprises minières au sujet des droits des travailleurs, des normes de travail décentes, d’une extraction durable et de la nécessité d’une transition juste. Lors d’une réunion tenue ce 11 février, l’accent a été mis sur l’IRMA (Initiative pour une Certification responsable de l’Exploitation minière) comme étant l’un des mécanismes les plus crédibles pour protéger les droits du travail, les intérêts des communautés et l’environnement. Lors de l’Indaba minier alternatif, les syndicats ont souligné que les travailleurs et travailleuses font partie intégrante des communautés touchées et sont donc également exposés aux échecs environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Les minerais critiques pour la transition, en particulier le cobalt, le lithium, le graphite et d’autres tout aussi essentiels aux batteries et aux énergies renouvelables, ont dominé l’ordre du jour des deux réunions. Les sessions ont exploré diverses thématiques : les moyens d’exploiter ces ressources dans l’intérêt d’un retour économique plus large, la résurgence du nationalisme des ressources, la portée des partenariats équitables dans la chaîne d’approvisionnement mondiale, le développement du capital humain, la dynamique géopolitique, les cadres réglementaires et le rôle des gouvernements. Les multinationales chinoises ont fait l’objet d’une attention particulière en raison de leurs liens étroits avec les gouvernements des pays hôtes et de leurs violations des droits des travailleurs dans des pays tels que la Zambie et le Zimbabwe.

Lors d’une table ronde sur la responsabilité des entreprises, tenue dans le cadre de l’Indaba minier alternatif, IndustriALL a présenté sa stratégie visant à impliquer les principaux acteurs, notamment Anglo American, Glencore et Rio Tinto, par le biais de réseaux mondiaux d’entreprises, d’un dialogue structuré et de négociations collectives. Les affiliés d’IndustriALL forment également des alliances avec des associations du secteur de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle et des communautés locales en RDC, en Zambie et au Zimbabwe, la coopération initiale étant axée sur l’amélioration de la santé et de la sécurité.

Comme l’a fait remarquer Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour le secteur minier :

« Le dialogue et l’implication tant au sein de l’Indaba minier que de l’Indaba minier alternatif se déploient sur fond « d’espaces contestés » (*). Cependant, les syndicats doivent continuer à exploiter ces plateformes pour faire progresser la transition juste et défendre les intérêts des travailleurs, en particulier à une époque où la demande mondiale en minerais de transition se renforce. »

(*) NdT : de l’anglais «contested spaces ». Ces espaces, souvent caractérisés par des relations de pouvoir asymétriques, servent à la fois de lieu de conflit et, parfois, d’espaces communs pour la construction de nouvelles identités.

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