Depuis le mois d’août dernier, les travailleuses et travailleurs du secteur de l’habillement au Bangladesh se mobilisent en faveur d’une augmentation du salaire minimum ; les manifestations se sont intensifiées en octobre en raison de la hausse du coût de la vie. Le salaire minimum actuel de 12.500 BDT (environ 100 dollars) par mois, fixé en novembre 2023, est loin de couvrir les besoins fondamentaux des salariés. Des milliers d’entre eux sont descendus dans les rues autour de Dacca et une trentaine d’usines situées en périphérie de la ville ont temporairement fermé leurs portes. Un travailleur est décédé des suites de blessures subies lors de ces manifestations.
À la suite d’une pression syndicale soutenue, la Commission du salaire minimum s’est réunie pour la première fois ce 4 novembre. Le gouvernement s’est engagé à annoncer le nouveau salaire avant décembre, les travailleuses et travailleurs devant en bénéficier à partir de janvier 2027. La commission siègera à nouveau le 9 novembre.
Arrestation de dirigeants syndicaux
Au cours des manifestations, au moins dix dirigeants régionaux d’organisations affiliées au Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh (IBC) ont été arrêtés, parmi lesquels Ali Asgar, Secrétaire général par intérim de la Ligue des travailleurs de la confection (Garments Tailors Workers League). Des responsables d’autres alliances syndicales ont également été placés en détention. Selon l’IBC, ces personnes n’étaient pas impliquées dans les troubles. La police a également mené des perquisitions dans les locaux des syndicats et au domicile de certains dirigeants.
L’IBC exige :
- la libération immédiate des dirigeants syndicaux arrêtés,
- la fin de la présence policière au sein des locaux des syndicats,
- la fin du harcèlement policier et des perquisitions au domicile des dirigeants syndicaux.
« L’arrestation aveugle de leaders syndicaux va à l’encontre de l’esprit de coopération et des efforts conjoints visant à résoudre la situation actuelle »
a indiqué l’IBC dans un communiqué.
Les syndicats sont unis, les enseignes doivent payer
Les syndicats du secteur de l’habillement travaillent désormais main dans la main afin de soutenir les représentants des travailleuses et travailleurs au sein de la Commission des salaires. Le 3 novembre dernier, lors d’une réunion organisée par l’Institut bangladais d’études sur le travail (BILS), les forums syndicaux sont convenus de mettre en place un Comité conjoint et d’élaborer une proposition salariale commune.
Les syndicats appellent également les enseignes internationales à assumer leurs responsabilités. Par le biais de l’ACT, l’IBC réclame la transparence sur les prix payés par les enseignes à leurs fournisseurs ainsi qu’un prix d’achat minimum commun afin que les usines puissent prendre en charge le nouveau salaire minimum.
Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :
« Les dirigeants syndicaux qui n’ont pris aucune part aux troubles doivent être libérés immédiatement. Et les enseignes qui s’approvisionnent au Bangladesh doivent veiller à ce que les prix qu’elles paient couvrent le nouveau salaire minimum. »
