27 août, 2026Depuis plus de deux ans, les 670 travailleurs de l’usine YKK de Çerkezköy, en Türkiye, sont systématiquement empêchés d’exercer leur droit fondamental de se syndiquer et de négocier collectivement. La direction de YKK a recouru à des menaces, à la coercition et à des mesures disciplinaires pour écraser le syndicat, alors même que les travailleurs avaient réussi à s’organiser au sein de Petrol-İş et que le syndicat avait été officiellement reconnu par le ministère turc du Travail.
La pression exercée sur le personnel ne cesse de s’intensifier. Au cours des trois jours qui ont suivi l’autorisation du syndicat en mai 2024, 44 membres ont démissionné sous la contrainte de l’employeur. Les cadres intermédiaires ont exercé des pressions directes sur les salariés. Dans un cas précis, un chef d’équipe a exigé qu’une syndicaliste fournisse une capture d’écran prouvant qu’elle s’était retirée de Petrol-İş. Elle s’est exécutée — ce qui constitue une violation flagrante des droits de l’homme.
L’entreprise a mis en place un comité contrôlé par la direction afin de discréditer les représentants élus par les salariés. Elle a refusé tout dialogue. Elle déploie depuis trois ans maintenant des manœuvres juridiques dilatoires dans le but de saper la détermination des salariés comme du syndicat.
Une enquête indépendante menée par la Fair Labor Association en 2025 a documenté ces violations, confirmant notamment les conclusions suivantes :
- La capacité des salariés à exercer effectivement leurs droits à la liberté syndicale et à la négociation collective a été considérablement entravée
- YKK Türkiye s’est abstenue d’engager un dialogue social constructif avec le syndicat légitimement constitué
- Certains aspects du comportement de la direction et l’insuffisance des contrôles exercés ont contribué à instaurer un environnement dans lequel les droits des travailleurs n’étaient pas pleinement respectés
- L’absence d’engagement de bonne foi a empêché la mise en place de négociations collectives malgré le soutien manifeste des travailleurs et travailleuses à la représentation syndicale.
Pourtant, les enseignes continuent de s’approvisionner auprès de YKK.
Mehmet Kaya, membre du Comité exécutif de Petrol-İş, a déclaré :
« Tout ce que nous avons vécu sur les lieux de travail de YKK constitue une violation flagrante non seulement de la liberté syndicale et du droit à la négociation collective, mais aussi des droits humains fondamentaux. »
Adidas, H&M et Puma ont signé des déclarations communes appelant YKK à engager le dialogue. IndustriALL a officiellement approuvé les conclusions de la FLA. Mais il ne suffit pas de signer des déclarations. Tant que ces enseignes continueront de passer commande auprès de YKK sans exiger de changements concrets, elles se rendront complices des violations des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses.
Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :
« Depuis près de trois ans, YKK recourt à des manœuvres juridiques dilatoires pour priver les travailleurs de leur droit fondamental de se syndiquer et de négocier collectivement. Un tel comportement est inacceptable de la part d’une entreprise mondiale qui prétend respecter les normes internationales du travail.
« Le fait que les enseignes qui s’approvisionnent auprès de YKK restent les bras croisés face à cette situation est tout aussi inacceptable. Nous appelons toutes les enseignes concernées à user de leur influence dès à présent pour exiger que YKK engage sans délai un dialogue constructif avec Petrol-İş et pour obliger l’entreprise à mettre en œuvre des changements concrets. »
