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Ethiopie : condamnation du démantèlement syndical à l’usine de vêtements Shints

30 juillet, 2020Pendant plusieurs années, la direction de Shints ETP Garments a établi des relations du travail cordiales avec le syndicat qui organise les travailleurs dans son usine implantée dans le parc industriel Bole Lemi, à Addis-Abeba. Malheureusement, la direction, qui a subi des changements, a commencé à appliquer des mesures antisyndicales faisant reculer les acquis.

La Fédération industrielle des syndicats des travailleurs du textile, du cuir et de l’habillement (IFTLGWTU), affiliée à IndustriALL Global Union, affirme que la direction de l’entreprise, qui fabrique et exporte des vêtements d’extérieur et de sport dans le cadre de la Loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (AGOA, African Growth and Opportunity Act) établie en vertu de la politique commerciale américaine, décourage les travailleurs d’adhérer au syndicat.

Shints, qui emploie 4 414 travailleurs à Bole Lemi, a également cessé de déduire les cotisations syndicales des salaires. Les efforts déployés pour rencontrer la direction, réfractaire à régler les questions soulevées par le syndicat, n’ont pas abouti. Selon IFTLGWTU, Shints prétend faussement qu’elle est la seule entreprise située dans la zone industrielle autorisant les syndicats à recruter et à organiser. Mais leurs actions montrent le contraire.

 

Le syndicat craint que la campagne antisyndicale ne soit responsable d’une perte des adhésions, qui sont passés de 3 800 à 2 500. Il se dit également préoccupé par la situation en matière de santé et de sécurité, y compris au niveau des mesures de prévention mises en place pour lutter contre la COVID-19, par suite de la mise en quarantaine de 60 travailleurs testés positifs à la maladie.

Angesome Geberyohannes, président d’IFTLGWTU, qui est consterné par ce qui se passe, a indiqué:

"Vers la mi-2019, les choses ont commencé à aller mal. L’environnement favorable a été remplacé par un climat d’hostilité et la suppression des droits syndicaux et des travailleurs. Certains dirigeants syndicaux dynamiques ont été obligés de démissionner de leurs postes syndicaux, et il est maintenant difficile de les remplacer parce que les réunions sont interdites par la direction. Cela affaiblit le syndicat. En ce qui concerne la COVID-19, l’entreprise doit appliquer strictement les règles pour empêcher la propagation dans l’usine."

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a écrit au PDG de la société mère, Shin Textile Solutions, dont le siège est en Corée, pour condamner le démantèlement syndical.

"Il est inacceptable que la direction de Shints viole les droits des travailleurs qui sont protégés par la constitution éthiopienne et le droit national du travail. Ces droits sont également protégés par la Convention n° 87 de l’Organisation internationale du Travail sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, ainsi que la Convention n° 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective. Nous demandons à la direction de cesser de revenir sur les acquis et de permettre au syndicat de fonctionner comme auparavant."