15 janvier, 2026Le Sri Lanka a officiellement ratifié la Convention 190 de l’Organisation internationale du travail sur l’élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail, en déposant son instrument de ratification ce 8 janvier lors d’une cérémonie à Colombo en présence de représentants du gouvernement, de l’OIT et d’autres parties prenantes. Le Sri Lanka devient ainsi le deuxième pays d’Asie du Sud, après le Bangladesh, à adopter cette norme du travail historique.
Cette ratification fait suite à une décision clé du Conseil des ministres, qui a approuvé, en décembre 2025, les dispositions légales requises pour la ratification et l’application de cette Convention. Cette décision ouvre la voie à l’élaboration et à la mise en œuvre par le gouvernement des législations et réglementations nationales nécessaires.
La Convention 190, adoptée par la Conférence internationale du travail en 2019, constitue la première norme internationale du travail visant spécifiquement à prévenir et à combattre la violence et le harcèlement dans le monde du travail, en particulier le harcèlement fondé sur le genre. Elle promeut des conditions de travail sûres et dignes pour tous les travailleurs et travailleuses.
IndustriALL et ses affiliés au Sri Lanka ont joué un rôle prépondérant dans la réalisation de cette avancée majeure. Les syndicats, en collaboration avec des organisations de la société civile, ont organisé des séminaires, débats et campagnes de sensibilisation au niveau national, afin de souligner l’importance de la Convention 190 et de pousser le gouvernement à agir.
Les dirigeants de nos affiliés ont salué cette ratification tout en soulignant le travail qui reste à accomplir :
“Nous sommes heureux que le Sri Lanka soit devenu le deuxième pays d’Asie du Sud à ratifier la Convention 190,”
a déclaré le Collègue Palitha, Président du NUMMS et Secrétaire général du Conseil d’IndustriALL pour le Sri Lanka.
“Nos syndicats ont mené campagne dès le jour où la convention est entrée en vigueur, mobilisant les travailleurs et travailleuses et organisant des concertations dans tous les secteurs, afin de garantir la bonne compréhension des mesures de protection qu’elle apporte et de plaider en faveur de sa ratification,”
a-t-il ajouté.
“En tant que syndicats, nous considérons que cette ratification vient couronner la campagne menée depuis des années par les travailleurs et travailleuses, syndiqués et non syndiqués, en faveur d’une convention qui les protège contre le harcèlement et les abus sur le lieu de travail. Cependant, notre combat n’est qu’à moitié gagné. La ratification de la Convention 190 n’a aucun sens si le législateur local n’adopte pas de dispositions correspondantes contre le harcèlement sur le lieu de travail. Sans des telles mesures, nos travailleurs et travailleuses ne peuvent pas bénéficier pleinement des protections garanties par cette convention. C’est pourquoi nous continuerons à faire campagne jusqu’à ce que le Parlement adopte une loi contre le harcèlement sur le lieu de travail qui soit pleinement conforme aux principes et aux dispositions de la Convention 190,”
a déclaré la Collègue Swasthika, Présidente du CIWU.
La ratification de la Convention 190 de l’OIT permet non seulement au Sri Lanka de s’aligner sur les normes internationales du travail, mais souligne également le rôle essentiel des syndicats et des partenaires sociaux dans l’élaboration de politiques qui protègent les droits des travailleurs et travailleuses, promeuvent l’égalité des sexes et favorisent la sécurité sur les lieux de travail, tant dans le secteur formel que dans le secteur informel.
“La ratification de la Convention 190 de l’OIT par le Sri Lanka est un grand pas en avant pour les droits et la dignité des travailleurs et travailleuses. La violence et le harcèlement n’ont pas leur place dans le monde du travail et cette convention fournit un cadre solide pour y remédier. L’accent doit désormais porter sur sa mise en œuvre, en veillant à ce qu’une législation nationale forte soit adoptée et que les travailleurs, en particulier les femmes et les personnes occupant un emploi précaire, soient pleinement protégés dans la pratique,”
a déclaré Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.
