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Un groupe de personnes réunies autour de tables dans une salle de réunion, participant à un vote à main levée devant une bannière syndicale

Nicaragua : UniFirst s’en prend au syndicat

Réunion des travailleurs et travailleuses d'UniFirst Nicaragua au siège de la FESITEX

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6 octobre, 2026La société américaine de vêtements de travail UniFirst a engagé une procédure judiciaire visant à dissoudre le syndicat de son usine au Nicaragua, après que 293 membres ont démissionné en moins d’une semaine et que cinq ont été licenciés. Les travailleuses et travailleurs affirment que la direction a exercé des pressions sur eux pour quitter le syndicat. Cette affaire survient alors que le géant américain des uniformes Cintas s’apprête à racheter UniFirst.

Selon la Fédération nationale des syndicats du textile, de l’habillement, du cuir et de la chaussure (FESITEX), affiliée à IndustriALL, les relations avec l’entreprise ont commencé à se détériorer en janvier 2026 en raison de désaccords sur les avantages sociaux et de mesures disciplinaires prises à l’encontre de dirigeants syndicaux.

Les tensions se sont intensifiées après que le syndicat a rejoint la FESITEX et présenté une proposition de convention collective fin juillet. Des superviseurs, des proches de la direction et d’anciens dirigeants syndicaux auraient fait pression sur les travailleuses et travailleurs pour qu’ils quittent le syndicat, menaçant de fermeture et de suppressions d’emplois.

En l’espace d’une semaine, 293 membres avaient démissionné. La rapidité de ces démissions et le caractère quasi identique des lettres soulèvent de sérieux doutes quant à la liberté d’action des travailleuses et travailleurs et exigent une enquête approfondie.

Cinq membres du syndicat ont également été licenciés. Cela a fait passer le nombre d’adhérents en dessous du seuil légal de 20 et UniFirst a immédiatement saisi la justice pour demander la dissolution du syndicat.

La véritable question est de savoir si les travailleuses et travailleurs ont choisi de quitter le syndicat ou y ont été forcés. Même si la loi autorise la dissolution, il faut déterminer pourquoi le nombre d’adhérents a ainsi chuté.

Défendre la liberté syndicale

Dans une lettre adressée à UniFirst le 9 septembre, IndustriALL exige que l’entreprise renonce à son action en justice visant à dissoudre le syndicat. À tout le moins, la procédure devrait être suspendue le temps qu’une enquête indépendante soit menée sur les démissions et les licenciements.

IndustriALL souhaite également que cessent les pressions et les représailles à l’encontre des travailleuses et travailleurs. Les personnes licenciées pour leur activité syndicale doivent être réintégrées avec indemnisation et l’entreprise doit reprendre des négociations de bonne foi avec le syndicat et la FESITEX.

Si elles devaient être confirmées, ces actions d’UniFirst constitueraient une violation des Conventions n° 87 et 98 de l’OIT sur la liberté syndicale et la négociation collective, toutes deux ratifiées par le Nicaragua.

Cintas doit agir avant le rachat

Le géant américain des uniformes Cintas, première entreprise du secteur en Amérique du Nord, s’apprête à racheter son concurrent UniFirst.

Dans une lettre envoyée le 5 octobre, IndustriALL a exhorté Cintas à traiter cette situation de toute urgence dans le cadre de son devoir de diligence en matière de droits humains et du travail lié à cette opération. Tant que le rachat n’est pas finalisé, les deux entreprises restent indépendantes. Mais Cintas dispose d’un levier d’influence et devrait l’utiliser pour obliger UniFirst à suspendre la procédure de dissolution, à enquêter sur les allégations et à remédier à la situation. IndustriALL insiste également pour que les risques pesant sur les droits des travailleurs soient pleinement évalués avant la conclusion de l’accord.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

« Lorsque 293 démissions et cinq licenciements font passer un syndicat en dessous du seuil légal minimum, la logique consiste à enquêter sur ce qui s’est passé et non à dissoudre le syndicat. Nous sommes profondément préoccupés par le fait que la loi soit utilisée pour éliminer un syndicat affaibli par des ingérences présumées au niveau de la liberté syndicale. Cela risque également de donner l’impression que le syndicat est mis sur la touche juste avant l’acquisition proposée d’UniFirst par Cintas. Cette dernière doit user de son influence pour veiller à ce qu’UniFirst retire son action en justice visant à dissoudre le syndicat et garantisse que les travailleuses et travailleurs puissent exercer leurs droits syndicaux sans subir de pressions ni de représailles. »