16 mars, 2026En 2025, avec le soutien d’IndustriALL et du syndicat australien MEU, la Fédération des travailleurs de l’industrie du Myanmar (IWFM) a continué à défendre les droits des salariés malgré une répression extrême. Elle a documenté des abus, aidé des travailleuses et des travailleurs à récupérer leurs salaires impayés et accentué la pression internationale sur le régime militaire.
Les travailleuses et travailleurs du Myanmar font toujours face à des mesures de répression impitoyables depuis le coup d’État militaire : les droits du travail ont été démantelés et l’activité syndicale criminalisée. Malgré cela, en 2025 les affiliés de l’IWFM ont aidé plus de 6.400 adhérents à récupérer leurs salaires impayés et à obtenir des indemnités. Ils ont aussi documenté 438 violations des droits du travail, dont la majorité dans le secteur de l’habillement.
Se syndiquer sous la répression
Les affiliés de l’IWFM ont poursuivi leur travail syndical dans des conditions extrêmement difficiles, en aidant des travailleuses et des travailleurs confrontés au vol salarial, au licenciement abusif, au harcèlement et aux fermetures d’usines.
La Présidente de l’IWFM, Khaing Zar Aung, a décrit l’ampleur du défi auquel les recruteurs syndicaux font face sur le terrain.
« Malgré les tentatives de l’armée de réduire les syndicats au silence, les travailleuses et travailleurs du Myanmar continuent à résister à l’exploitation et à défendre leurs droits. Nos recruteurs mettent leur sécurité en jeu chaque jour afin de les soutenir, de documenter les abus et de maintenir le mouvement syndical en vie. La solidarité internationale s’avère cruciale si l’on veut continuer à épauler les travailleuses et travailleurs et tenir les auteurs de la répression pour responsables. »
Protection et solidarité
Des caches sécurisées situées le long de la frontière birmane ont permis aux dirigeants syndicaux de maintenir la coordination et d’apporter un soutien ininterrompu à leurs adhérents.
Plaidoyer international
Grâce au plaidoyer international mené par Khaing Zar Aung, en tant que membres du Comité central de la Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM) et en collaboration avec le Conseil de Global Unions, les syndicats ont fait pression pour que les autorités du pays rendent des comptes au plan international. Ce qui a contribué à faire avancer les mesures relatives à l’article 33 de l’OIT et à accroître la pression sur les enseignes internationales s’approvisionnant au Myanmar.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a souligné l’importance d’un soutien international constant.
« IndustriALL se tient fermement aux côtés des travailleuses, des travailleurs et des syndicalistes qui continuent de résister à la répression au péril de leur vie. Les résultats obtenus par l’IWFM en 2025 témoignent de la puissance de la solidarité internationale. Nous n’aurons de cesse d’exiger des comptes au régime militaire et aux enseignes internationales qui persistent à exploiter les salariés du Myanmar. »
La solidarité internationale se révèle indispensable afin de garantir que les travailleuses et les travailleurs ne soient pas abandonnés à leur sort et que les syndicats indépendants restent prêts à relever, à l’avenir, des institutions syndicales démocratiques.
Fact box
Impact en 2025
- Plus de 6.400 travailleurs soutenus
- 438 violations du droit du travail documentées
- Du personnel syndical à pied d’œuvre malgré la répression
- Des caches sécurisées pour mettre les dirigeants syndicaux à l’abri
- Un plaidoyer d’envergure internationale pour faire avancer l’action de l’OIT
