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Batterie de voiture avec des pinces de câbles de démarrage fixées aux bornes

Afrique du Sud : les salariés de First Battery se mettent en grève contre les licenciements

Batterie de voiture. Image : Shutterstock

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9 juillet, 2026Les salariés de First Battery ont cessé le travail ce 6 juillet, après que l’entreprise a procédé au licenciement de 165 salariés malgré les objections du syndicat. First Battery est un fabricant sud-africain de batteries au plomb-acide pour automobile, détenu par le groupe Metair et coté à la Bourse de Johannesburg.

Le NUMSA (Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud), affilié à IndustriALL, a appelé à la grève après que First Battery a licencié des salariés dans ses usines de Benoni, East London, Le Cap et Durban, malgré des mois de consultations visant à éviter ces suppressions d’emplois.

Selon le NUMSA, First Battery a perdu d’importants contrats avec des constructeurs automobiles en Afrique du Sud et ne fournit plus BMW, Mercedes-Benz, Ford ni Toyota. Au lieu de regagner ces marchés grâce à des investissements locaux, le syndicat affirme que l’entreprise importe des batteries d’Allemagne pour BMW plutôt que de moderniser la production locale en vue de répondre aux besoins des constructeurs.

Le NUMSA fait valoir que l’importation de batteries va à l’encontre du Plan directeur de l’automobile 2035 de l’Afrique du Sud, qui vise un taux de contenu local de 60 % dans l’industrie automobile d’ici 2035. Le taux de contenu local actuel se situe autour de 38 %.

Le syndicat a accusé First Battery de procéder à des dépenses inutiles et de dissimuler des informations nécessaires à une consultation constructive, comme le prévoit la législation du travail sud-africaine. La NUMSA affirme que l’entreprise a refusé de divulguer des données clés sur les coûts, notamment les rémunérations des dirigeants, les frais d’électricité et les conditions des contrats avec les équipementiers.

First Battery a proposé aux salariés licenciés une indemnité de départ de 10.000 rands (616 dollars), tandis que le NUMSA réclame 200.000 rands (12.319 dollars). Le syndicat estime que cet écart montre que l’entreprise a les moyens d’offrir de meilleures conditions que celles proposées. Le NUMSA a également blâmé Metair pour avoir refusé de le rencontrer avant que les licenciements ne prennent effet. Le syndicat sollicite l’aide de la Commission de conciliation, de médiation et d’arbitrage (CCMA) afin de convenir des règles relatives aux piquets de grève, après que la direction a mis en garde contre d’éventuelles représailles à l’encontre des grévistes sous forme de mesures disciplinaires.

Le NUMSA a cité la fermeture par Goodyear l’année dernière de son usine locale de fabrication de pneus, alors que la marque a conservé son réseau de distribution, comme s’inscrivant dans une tendance plus large qu’il souhaite voir les autorités de régulation prendre en compte. Le syndicat a appelé le Ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence à envisager des droits de douane et des taxes à l’importation afin de protéger les fabricants sud-africains et l’emploi.

Par ailleurs, le NUMSA souhaite que First Battery retire les préavis de licenciement, divulgue davantage d’informations financières et stratégiques et reprenne les négociations. Le syndicat affirme que les discussions doivent inclure une démarche conjointe auprès de la CCMA et de la Caisse d’assurance chômage en vue d’un dispositif de mise à pied temporaire qui permettrait de maintenir les travailleuses et travailleurs en poste pendant que des alternatives sont étudiées.

Irvin Jim, Secrétaire général du NUMSA, a déclaré :

« Il n’y a absolument aucune raison pour que les travailleuses et travailleurs soient jetés à la rue et plongés dans un tourbillon de pauvreté, de chômage et d’inégalités. Le moins que First Battery aurait pu faire, c’était de s’entendre avec le syndicat et de proposer une indemnité décente ciblant les travailleuses et travailleurs proches de la retraite dans certaines entreprises. »

« Dans un pays où le chômage est élevé, les licenciements devraient constituer un dernier recours. IndustriALL soutient le maintien de l’emploi et encourage les employeurs à négocier de bonne foi »,

a déclaré Paule-France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Selon l’Institut de statistiques sud-africain, le taux de chômage élargi, qui inclut les travailleuses et travailleurs dits “découragés” (qui ont cessé toute recherche d’emploi), s’élève à 43,7 %, soit 13 millions de personnes.