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Un groupe de jeunes syndicalistes pose avec des bannières devant le lieu de l'Académie de leadership des jeunes militant·es d'IndustriALL-FES en Asie du Sud-Est aux Philippines

Asie du Sud-Est : les jeunes lancent une campagne d’éducation syndicale

Académie de formation au leadership pour les jeunes militants d’Asie du Sud-Est, Philippines.

  • Académie de formation au leadership pour les jeunes militants d’Asie du Sud-Est, Philippines.
  • Des participant·es tiennent des certificats
  • Monica Angelina brandit un panneau manuscrit lors d'un atelier
  • Jean Faye Daguman

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10 juillet, 2026De jeunes syndicalistes d’Asie du Sud-Est ont proposé une campagne régionale d’éducation syndicale, annoncée le 3 juillet dernier. Celle-ci se déroulera sur les réseaux sociaux tels que TikTok et Instagram. Elle portera sur le syndicalisme, les droits des travailleurs, les salaires et les avantages sociaux, la Convention n° 190 ainsi que la santé et la sécurité.

Jean Faye Daguman, la Coprésidente du Comité régional de la jeunesse Asie-Pacifique récemment formé, a déclaré :

« Nous discuterons avec les dirigeants syndicaux afin de diffuser des vidéos d’éducation syndicale sur les comptes de réseaux sociaux des affiliés d’IndustriALL dans la région. Au cours des six prochains mois, nous avons pour objectif de toucher 4.000 jeunes travailleuses et travailleurs et de recruter, parmi eux, environ 700 nouveaux membres issus de sept pays. »

Cette proposition découle de la troisième académie des jeunes organisée conjointement en Asie du Sud-Est par IndustriALL et la FES. À cette occasion, vingt jeunes syndicalistes se sont réunis à Rizal, aux Philippines. Ils ont identifié le manque d’éducation syndicale et l’absence de politiques adaptées comme étant les problèmes les plus urgents à résoudre. Il convient de noter, tout particulièrement, que l’éducation syndicale s’avère essentielle pour recruter les jeunes salariés.

De manière générale, ceux-ci manquent de connaissances en matière de droits du travail. Le système de l’enseignement public ne leur fournit pas les connaissances nécessaires sur les protections juridiques de base une fois qu’ils quittent l’école et entrent sur le marché du travail. Une éducation syndicale accessible au plus grand nombre peut contribuer à gagner le cœur et l’esprit des plus jeunes représentants de la classe ouvrière.

Durant cette académie de quatre jours, des syndicalistes venus du Cambodge, d’Indonésie, du Japon, de Malaisie, des Philippines, de Thaïlande et du Vietnam ont exploré des techniques de syndicalisation. Parmi celles-ci figuraient la cartographie et l’analyse du lieu de travail, l’augmentation du taux de syndicalisation, les entretiens individuels et la mobilisation des jeunes travailleuses et travailleurs via des outils en ligne.

En s’appuyant sur le module consacré à la chaîne d’approvisionnement mondiale de 2025, les participants ont approfondi leur compréhension du travail décent au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales. De plus, la protection des droits fondamentaux des travailleurs est essentielle pour garantir des salaires décents. La syndicalisation au sein de la chaîne d’approvisionnement et le renforcement du pouvoir de négociation des salariés sont également indispensables pour obtenir des salaires et des conditions de travail décents.

Les jeunes syndicalistes ont également eu des échanges francs sur les différences entre leurs collègues plus expérimentés et les jeunes. Tout en reconnaissant la valeur de l’expérience et des connaissances des dirigeants chevronnés, ils ont réclamé davantage d’opportunités pour développer leurs capacités et prendre des décisions. Ils ont par ailleurs appelé à un financement suffisant pour leur propre évolution.

Sarah Flores, Responsable de la jeunesse et des projets chez IndustriALL, a déclaré :

« La diversité fait notre force. Mais cette force ne vaut rien si elle reste confinée aux salles de réunion. Lorsque des jeunes de tous les pays s’engagent dans un débat, leur mission première doit être de le transposer sur le lieu de travail et de syndiquer les travailleuses et travailleurs là où ils se trouvent. Notre objectif est évident : construire un avenir où les gens reprennent le pouvoir sur le profit grâce à la mobilisation de masse et à la syndicalisation. »