22 octobre, 2026Vingt-six jeunes travailleurs, dont seize femmes, se sont réunis à Dar es Salaam du 20 au 22 octobre derniers. Ils ont examiné comment la conscience de classe peut renforcer les stratégies syndicales visant à défendre les droits des travailleurs.
La cinquième édition de l’académie des jeunes militants, soutenue par la FES Tanzanie, NITO et STRYKE, a établi un lien entre l’analyse politique et la diligence raisonnable en matière de droits humains (DRDH). Cela a englobé l’identification, la prévention et la lutte contre les abus sur les lieux de travail et dans les chaînes d’approvisionnement.
Parmi les participants figuraient des affiliés d’IndustriALL : le Syndicat tanzanien des mines, de l’énergie et de la construction (TAMICO) et le Syndicat tanzanien des travailleurs de l’industrie et du commerce (TUICO). Le Syndicat tanzanien des travailleurs des plantations et des secteurs connexes (TPAWU), affilié à l’IBB, s’est joint à l’événement dans le cadre d’un partenariat avec le Bureau régional africain d’IndustriALL. De même, le Syndicat des travailleurs des services publics de Zanzibar (ZAPSWU) et la Vibindo Society y ont participé en tant que représentants du mouvement syndical et de la société civile.
Ces délégués représentaient les secteurs des mines, du ciment, du textile et de l’habillement ainsi que celui des transports. Les animateurs provenaient d’IndustriALL Afrique subsaharienne, de l’université de Dar es Salaam et du Tanzania Labour College.
Avec 70 % de la population Tanzanienne âgée de moins de 35 ans, la création d’emplois se fait pressante. Cette formation visait à transformer ce dividende démographique en lieux de travail éclairés et en militantisme syndical.
De Karl Marx à Issa Shivji
Les participants ont replacé les défis actuels de la syndicalisation dans le contexte de l’histoire syndicale de la Tanzanie. Ils ont discuté de l’argument de Karl Marx selon lequel les syndicats ne se contentent pas de représenter les travailleuses et travailleurs individuellement. En structurant au plan collectif, les syndicats aident une classe à reconnaître ses intérêts communs et à agir en conséquence. Ils ont également examiné l’analyse d’Issa Shivji portant sur les tensions qui ont façonné la conscience de classe après la Déclaration d’Arusha. Cette analyse couvrait également la période de l’Ujamaa (socialisme).
Sabato Nyamsenda, de l’université, a retracé les réactions des salariés face à l’exploitation alors que la Tanzanie passait de l’Ujamaa à des politiques néolibérales. HezronKaaya, Directeur de l’établissement, a tiré des leçons de l’histoire syndicale pour le militantisme des jeunes et les campagnes en faveur du travail décent.
Christian Denzin, Directeur de la FES en Tanzanie, a déclaré que la conscience de classe développe l’esprit critique chez les jeunes actifs tanzaniens. Cela les aide à examiner qui détient le pouvoir, à identifier les menaces qui pèsent sur leurs droits et à choisir des réponses collectives.
Silvester Issaya Mrope, Secrétaire général du TUICO, a affirmé que les stratégies de syndicalisation doivent s’adapter aux systèmes sociaux et politiques qui modèlent la vie des travailleurs. Cela contribue à faire des syndicats une force sociale capable d’améliorer les conditions de travail.
Des participants, pas des spectateurs
« Nous ne sommes pas des spectateurs, mais des participants de ce moment historique »
a déclaré Nora Kerreti, du TUICO, ajoutant que la formation préparait les jeunes salariés à défendre leurs droits et à contribuer à l’avenir de la Tanzanie, en transformant l’analyse en action collective et les observateurs en recruteurs.
Maria Mwemfula, du TAMICO, a indiqué que l’histoire syndicale aiderait les participants à développer une conscience leur permettant de revendiquer leurs droits. Cela implique parfois de se battre pour les obtenir.
« L’avenir des syndicats en Tanzanie et en Afrique appartient aux jeunes travailleuses et travailleurs. La conscience de classe est essentielle à la revitalisation syndicale »,
a déclaré Paule-France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.
