1 juin, 2026L’Indice CSI des droits dans le monde 2026 s’avère pour le moins décevant. Les droits des travailleurs se sont détériorés pour la quatrième année consécutive. L'Europe et les Amériques ont toutes deux enregistré leurs pires moyennes depuis la création de l'Indice en 2014. Et pour la première fois, les États-Unis ont été placés sur la liste de surveillance avec un score de quatre, synonyme de violations systématiques des droits.
« La crise des droits des travailleurs ne traduit plus un phénomène marginal, elle s’ancre désormais au cœur des démocraties. Les travailleuses, les travailleurs et leurs syndicats ripostent. La lutte pour les droits des travailleurs et la lutte pour la démocratie elle-même ne font qu’une »
a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.
Trois pays sur quatre refusent aux travailleuses et travailleurs le droit de se syndiquer. Un pays sur deux a arrêté ou détenu des salariés pour avoir exercé leurs droits syndicaux. Les agressions violentes contre des membres du personnel ont augmenté de 6 %. Les violations des libertés civiles, les arrestations, les persécutions et les assassinats de dirigeants syndicaux ont augmenté dans la moitié des pays.
Ces conclusions reflètent ce que vivent les adhérents des affiliés d’IndustriALL. L’Indice identifie explicitement la répression syndicale comme une tactique, notamment en Estonie, aux Pays-Bas, en Pologne, en Serbie et en Espagne. Aux États-Unis, Mercedes-Benz a dépensé plus de 600.000 dollars pour faire appel à des cabinets spécialisés dans la lutte antisyndicale au sein de son usine d’Alabama tout en affirmant publiquement respecter les droits des travailleurs. L’ajout des États-Unis sur la liste de surveillance confirme que ce cas n’est pas une exception. Il s’inscrit dans un schéma systémique.
Les affiliés d’IndustriALL en première ligne
La moyenne de l’Argentine s’est effondrée, passant de 3 à 5 en deux ans seulement, ce qui constitue l’une des baisses les plus conséquentes jamais enregistrées. Le pays figure désormais pour la première fois sur la liste des dix pays les plus défavorables au monde du travail. Le Syndicat du secteur de la métallurgie UOMRA, affilié d’IndustriALL, est confronté à une intervention judiciaire visant à destituer sa direction démocratiquement élue, en violation directe de la Convention n° 87 de l’OIT. IndustriALL a adressé un courrier de solidarité à l’UOMRA et a appelé les autorités argentines à respecter l’autonomie syndicale.
Autres conclusions:
- Cinquante pour cent des pays ont arrêté ou détenu des travailleuses et travailleurs pour avoir exercé leurs droits syndicaux, notamment en République démocratique du Congo, en Irak, en Indonésie et en Albanie.
- Les agressions violentes contre les travailleuses et travailleurs ont augmenté de 6 %, notamment en Inde, en Palestine, en Ukraine et en Afrique du Sud. Les forces israéliennes ont fait une descente dans les bureaux de la Fédération générale palestinienne des syndicats à Naplouse.
- Les dix pays les plus défavorables aux travailleurs en 2026 sont l’Argentine, la Biélorussie, l’Équateur, l’Égypte, l’Eswatini, le Myanmar, le Nigeria, le Panama, la Tunisie et la Turquie. L’Argentine et le Panama font leur entrée dans ce classement.
- La surveillance numérique est de plus en plus utilisée pour contrôler et réprimer les activités syndicales.
- Les gouvernements écartent les syndicats et les consultent de moins en moins avant d’introduire ou de modifier la législation du travail.
Atle Høie a indiqué :
« Derrière chacun de ces chiffres se cache une travailleuse, un travailleur qui a été arrêté, un dirigeant syndical qui a été menacé, un lieu de travail où les gens avaient trop peur de se syndiquer. Cela se passe dans des pays qui se disent démocratiques. IndustriALL ne restera pas les bras croisés pendant que ses affiliés et leurs membres sont criminalisés pour avoir fait ce que toute travailleuse, tout travailleur a le droit de faire. »
