23 janvier, 2026IndustriALL condamne l'escalade de la violence en Iran contre les manifestants, majoritairement pacifiques, ainsi que la coupure totale d'Internet et des réseaux sociaux qui a isolé le pays du reste du monde.
Le black-out des communications sert manifestement à dissimuler de graves violations des droits humains, réduire au silence les travailleurs et travailleuses et empêcher la collecte des témoignages sur les abus commis. Le rétablissement d'un accès complet à Internet et à des moyens de communication indépendants constitue une revendication urgente et légitime des manifestants.
Depuis fin décembre, les manifestations motivées par l'aggravation de la crise économique, la flambée de l'inflation et l'effondrement des moyens de subsistance se sont rapidement propagées dans tout le pays. Les manifestants ont été confrontés à une répression extrême, victimes notamment de l’emploi de munitions de guerre et d’armes lourdes dans les zones urbaines. Malgré le black-out, des informations provenant de l'intérieur de l'Iran font état d'arrestations massives, de nombreux blessés et d'un nombre croissant de morts. Le recours à cette force meurtrière contre des personnes qui exercent leurs droits fondamentaux à manifester et à faire grève est intolérable et doit cesser immédiatement.
La détention et l'emprisonnement de personnes pour avoir participé à des manifestations représentent une autre violation grave. Les appels à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus politiques arrêtés pour avoir pris part à des manifestations sont pleinement justifiés. Personne ne devrait être privé de ses droits et libertés pour avoir dénoncé la pauvreté, l'injustice ou la corruption.
Le black-out lui-même constitue une grave violation du droit à l'information et à la liberté d'expression. La coupure des services Internet et téléphoniques isole non seulement la population, mais met également des vies en danger : elle empêche l'accès aux services d'urgence, aux informations indépendantes et à la vigilance de la communauté internationale. Bien plus qu’une simple mesure de sécurité, couper Internet s’impose comme un moyen de dissimuler des crimes.
En même temps qu'elle condamne la violence et la répression, IndustriALL réitère ses revendications fondamentales en matière de droits du travail et de droits humains. Les autorités iraniennes doivent appliquer pleinement les dispositions des Conventions 87 et 98 de l'Organisation internationale du travail, qui garantissent la liberté d'association, la négociation collective et les droits syndicaux. La République islamique d'Iran doit reconnaître le droit des travailleurs et travailleuses à faire grève pour défendre des salaires équitables et des conditions de travail humaines.
La crise économique actuelle a plongé des millions de personnes dans la pauvreté. L'Iran doit fixer un salaire minimum à un niveau qui permette aux travailleurs, aux travailleuses et à leurs familles de se nourrir, de se loger et de subvenir à leurs besoins essentiels, en garantissant un niveau de vie digne pour tous. Les politiques qui, à la fois, renforcent les inégalités et protègent les privilèges de l'élite ont alimenté une colère généralisée et doivent être inversées.
Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :
“Les travailleurs, les travailleuses et les citoyens iraniens exigent légitimement dignité et justice ainsi que la possibilité de s'exprimer pour façonner leur présent et leur avenir. Le recours à la violence à leur encontre est inacceptable et toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits doivent être libérées immédiatement. L'Iran doit respecter les normes internationales du travail, reconnaître le droit de grève et garantir des salaires qui permettent aux travailleurs, aux travailleuses et à leurs familles de vivre dans la dignité. IndustriALL souligne que l'avenir de l'Iran appartient exclusivement à son peuple.”
IndustriALL est solidaire du peuple ainsi que des travailleurs et travailleuses iraniens. Les revendications en faveur de la fin de la violence, de la liberté de communication, de la libération des détenus, des droits fondamentaux du travail et de la justice économique sont légitimes et fondées sur la dignité humaine universelle. La communauté internationale ne doit pas rester silencieuse face à cette répression menée dans l'obscurité, derrière un mur numérique.
Illustration: Wikimedia Creative Commons CC0 1.0 Universal Public Domain Dedication
