11 juin, 2026Quatorze délégués syndicaux du Syndicat namibien des travailleurs de la métallurgie et des secteurs connexes (MANWU) ont participé à un atelier de renforcement des capacités à Windhoek les 4 et 5 juin derniers. La formation était axée sur la syndicalisation de l‘industrie automobile qui emploie environ 40.000 salariés.
Le MANWU, affilié à IndustriALL, souhaite accroître ses effectifs dans ce domaine d’activité.
Le secteur automobile namibien est en plein essor. Le gouvernement a soutenu les équipementiers, plus précisément Peugeot, en tant que piliers d’une industrie nationale. Mais le projet Peugeot se trouve au point mort : le constructeur automobile peine à maintenir ses ventes localement et n’a pas réussi à percer sur le marché de l’exportation. Peu d’emplois ont été créés en conséquence.
De nouveaux acteurs, parmi lesquels des constructeurs chinois, devraient faire leur entrée sur le marché namibien, encore modeste. Parallèlement, le gouvernement pose les bases d’une industrie de véhicules électriques (VE). Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une politique de Transition juste qui vise à garantir que le passage à des transports propres ne se fasse au détriment des travailleuses et travailleurs.
Apprendre les bases
L’atelier, soutenu par le bureau régional d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a porté sur la santé et la sécurité au travail (SST), la gestion de conflits sur le lieu de travail, les stratégies de syndicalisation et la Transition juste.
Les comités de SST ont été présentés comme un élément capital de la formation. Les travailleuses et travailleurs ont appris comment les mettre en place et en assurer la gestion. Lorsqu’ils fonctionnent correctement, ces comités comptent parmi les mécanismes les plus efficaces qui soient. Ils réduisent le nombre d’accidents, font respecter les protections légales et donnent aux salariés un mot à dire quant à leurs conditions de travail. Dans un secteur où les risques sécuritaires sont monnaie courante et où l’application de la réglementation se révèle inégale, la santé et la sécurité s’avèrent essentielles.
« Nous sommes venus pour apprendre à gérer les conflits sur le lieu de travail, pour connaître nos droits et découvrir ce que le syndicat peut faire pour nous »
a déclaré Stephanie Kapuka, ouvrière chez Gobabis Toyota.
La gestion de conflits, notamment en matière de procédures disciplinaires, de réclamations et de litiges, a été abordée. Pour les membres du personnel sans formation juridique spécialisée, les conflits sur le lieu de travail peuvent sembler insurmontables. L’atelier visait à modifier cette perception en renforçant la confiance tout en développant les compétences.
Les participantes et participants ont parlé sans détours des défis liés à la syndicalisation. La négociation collective ne s’améliore que lorsque le nombre d’adhérents augmente. Les travailleuses et travailleurs doivent avoir confiance dans la capacité du syndicat à répondre aux attentes. Et le syndicat doit, quant à lui, disposer d’effectifs suffisants pour s’asseoir à la table des négociations.
Transition juste
En Namibie, où les secteurs minier et manufacturier constituent le socle des moyens de subsistance et sont soumis à la pression de la décarbonisation, la signification de la « Transition juste » est contestée. Pour les membres du MANWU, la Transition juste signifie que le secteur automobile va se transformer. La tendance mondiale en faveur des véhicules électriques est en train de remodeler l’industrie, même si leur adoption reste faible en Namibie. Si les travailleuses et travailleurs ne siègent pas à la table des négociations, les coûts engendrés retomberont sur les plus vulnérables. Tel est le message limpide délivré par les délégués syndicaux. Le MANWU participe aux discussions nationales sur la Transition juste et souhaite s’assurer que les délégués syndicaux puissent traduire le langage politique en termes compréhensibles pour les salariés sur le terrain.
« Je veux comprendre ce que la Transition juste implique pour nos emplois, pas seulement entendre l’expression mais savoir ce qu’elle signifie réellement pour des travailleuses et travailleurs comme nous »
a déclaré Andreas Hochobes, de Drydock and Ship Repair.
« Alors que la transition touche l’industrie automobile en raison de la mobilité électrique, les syndicats doivent poursuivre leurs campagnes de recrutement et s’engager dans la négociation collective. Le dialogue social avec les partenaires clés reste primordial pour protéger les conditions de travail des travailleuses et travailleurs »,
a indiqué Paule-France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne
