21 octobre, 2026Le Comité des femmes d’IndustriALL s’est réuni en ligne les 15 et 16 octobre derniers afin de définir les priorités d’une future politique d’égalité salariale. Une cinquantaine de syndicalistes féminines issues de toutes les régions y ont participé.
Elles ont discuté de la manière dont les syndicats peuvent s’attaquer aux inégalités salariales persistantes entre les sexes et renforcer les actions en faveur de l’égalité salariale. Les conclusions de cette réunion façonneront la politique globale d’IndustriALL en matière d’égalité des sexes qui sera présentée au Congrès de 2029.
Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a indiqué que les femmes gagnent toujours 18 à 20 % de moins que les hommes pour un travail de valeur égale :
« La dernière décennie a été marquée par certains progrès mais si nous continuons à ce rythme, il faudra cent ans pour parvenir à l’égalité salariale, ce qui n’est acceptable pour personne. »
La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Christine Olivier, a affirmé que l’égalité salariale est un enjeu syndical fondamental :
« Lorsque le travail des femmes est sous-évalué et que les travailleuses sont exclues, c’est l’ensemble des travailleurs qui s’en trouvent affaiblis. »
Qui est laissé pour compte ?
Les participantes ont indiqué que les travailleuses à temps partiel, temporaires, issues du secteur informel, migrantes et en sous-traitance sont les plus éloignées d’une rémunération équitable. Outre ces groupes, les femmes non couvertes par des conventions collectives et qui occupent des emplois féminisés, tels que ceux du secteur des soins, sont confrontées à des défis similaires.
Parmi les causes profondes figurent le secret salarial, les stéréotypes liés au rôle de soutien de famille, la lenteur des promotions dans les services à prédominance féminine et l’absence de femmes au sein des équipes de négociation. Les syndicats peuvent eux-mêmes reproduire ces écarts.
Outils et exemples
Un expert de l’Organisation internationale du travail (OIT) a présenté les principes de l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, de l’évaluation des emplois sans distinction de genre et de la transparence salariale. Par ailleurs, la discussion a mis en avant l’adhésion d’IndustriALL à la Coalition internationale pour l’égalité salariale (EPIC). Cet organisme tripartite a été créé par l’OIT, ONU Femmes et l’OCDE.
Les organisations affiliées ont partagé leurs bonnes pratiques : des lois sur la transparence salariale au Brésil et au Canada ainsi que des conventions collectives visant à corriger les écarts salariaux en Finlande et en Jordanie.
Orientations politiques
Les participantes ont débattu d’une rémunération équitable, décente et exempte de discrimination, en s’appuyant sur le principe de l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, les conventions n° 100 et 111 de l’OIT et le concept d’intersectionnalité. En conséquence, les actions prioritaires comprennent la formation des négociateurs, des audits salariaux réguliers et la conclusion d’accords-cadres mondiaux (ACM) avec les multinationales.
Le Comité a examiné des projets de lignes directrices, des modèles de formulation et une liste de contrôle visant à intégrer l’égalité entre les femmes et les hommes dans les accords-cadres mondiaux. Ces outils visent à renforcer la participation des femmes et à traiter les risques liés au genre au sein des multinationales et de leurs chaînes d’approvisionnement.
Ils offrent des conseils pratiques sur la négociation, la mise en œuvre et le suivi des accords-cadres mondiaux, avec des clauses types allant d’engagements minimaux à des engagements transformateurs.
