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Le siège de l'OCDE à Berlin, Allemagne. © Shutterstock

Les syndicats appellent à une action urgente face à l’intensification de la surcapacité sidérurgique et des distorsions commerciales

Façade du bâtiment de l’OCDE à Berlin

  • Façade du bâtiment de l’OCDE à Berlin
  • Réunion du Comité de l'acier de l'OCDE à Paris, 23–24 mars 2026

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7 avril, 2026Les syndicats ont tiré la sonnette d’alarme lors de la réunion du Comité de l’acier de l’OCDE qui s’est tenue à Paris les 23 et 24 mars derniers, avertissant que les déséquilibres mondiaux grandissants dans le secteur sidérurgique mettent en péril des emplois, des capacités industrielles et des régions entières.

À la tête d’une importante délégation syndicale présente à la réunion, le TUAC, IndustriALL et industriAll Europe ont fait part de leurs vives inquiétudes face aux pressions croissantes qui pèsent sur le secteur. Ils ont souligné qu’à défaut d’une action urgente et coordonnée, les tendances actuelles pourraient accélérer les pertes d’emplois et la désindustrialisation dans de nombreuses régions du monde.

Les discussions se sont déroulées dans un contexte de détérioration des conditions du marché comme le reflètent les conclusions du Comité de l’acier de l’OCDE. La surcapacité mondiale a atteint 640 millions de tonnes en 2025 et continue d’augmenter. Dans le même temps, l’affaiblissement de la demande, la hausse des exportations et le contournement graduel des règles commerciales exercent une pression considérable tant sur les producteurs que sur les travailleuses et travailleurs. Ces dynamiques font baisser les prix, sapent les investissements et menacent la viabilité à long terme du secteur.

Les syndicats ont souligné qu’il ne s’agit pas là d’évolutions abstraites du marché, mais de tendances porteuses de conséquences directes et graves pour les salariés de l’ensemble de l’industrie sidérurgique.

« Les défis structurels du secteur sidérurgique restent sans réponse, tandis que la détérioration des conditions économiques et le choc énergétique à venir exacerberont les problèmes existants. Pour les travailleuses et travailleurs, cela se traduit par des restructurations, des fermetures d’usines, des délocalisations, une précarité de l’emploi ainsi qu’une pression toujours plus appuyée sur les salaires, les conditions de travail et le dialogue social. Nous avons besoin que les gouvernements de l’OCDE agissent de manière décisive pour garantir l’avenir de la sidérurgie dans nos pays et des emplois de qualité dans ce secteur »,

a déclaré Veronica Nilsson, Secrétaire générale du TUAC.

L’incertitude croissante alimente également le comportement à court terme des entreprises, dont les bénéfices sont trop souvent orientés vers la rémunération des actionnaires plutôt que réinvestis dans l’emploi, les compétences et la production à faible émission de carbone.

« Partout en Europe, le manque d’investissement fait partie des problèmes principaux. Les entreprises ne réinvestissent pas dans la production, dans les travailleurs et dans la transformation de nos sites industriels, ce qui met en péril l’avenir de l’industrie sidérurgique et de régions entières. Une conduite responsable des entreprises exige de la part des dirigeants une approche durable de l’investissement. Alors que l’Europe met en œuvre le plan d’action pour l’acier, comme nous l’avons demandé conjointement, les entreprises devraient débloquer leurs investissements. Ce serait un signal tangible pour les salariés que leurs emplois sont reconnus à leur juste valeur et que les entreprises sidérurgiques sont elles aussi prêtes à mouiller leur chemise »,

a déclaré Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale d’industriAll Europe.

Les syndicats ont mis en évidence plusieurs défis majeurs :

  • L’insuffisance des investissements à long terme affaiblit l’innovation, la décarbonisation et le développement de la main-d’œuvre
  • La pénurie de compétences s’aggrave à mesure que les travailleuses et travailleurs expérimentés quittent le secteur et que les jeunes sont moins nombreux à y entrer
  • La transition vers un acier à faible émission de carbone risque d’être retardée en l’absence de stratégies industrielles et de financements clairs

Les syndicats ont souligné que la transition vers un acier neutre en carbone ne pourra aboutir qu’avec des investissements substantiels, des politiques industrielles à long terme et un dialogue social constructif. Ils ont appelé à des investissements publics renforcés, à une conduite responsable des entreprises et à une implication totale des salariés afin de garantir une transition juste qui protège les emplois et les communautés.

« Une conduite responsable des entreprises n’est pas facultative : elle est essentielle pour l’avenir de l’acier. Les entreprises doivent réinvestir dans la production et la main-d’œuvre, plutôt que de verser des dividendes. Et la diligence raisonnable doit être exercée avec les salariés et non en dépit d’eux, grâce à une véritable participation des syndicats, une voix indépendante des travailleuses et travailleurs et des mécanismes de réclamation crédibles. Si ces conditions ne sont pas remplies, nous risquons d’assister à des audits faibles, à un blanchiment de la part des entreprises et à de nouvelles perturbations dans un secteur déjà fragile »,

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Enfin, les syndicats ont réaffirmé leur volonté de collaborer avec les gouvernements, le secteur et l’OCDE pour proposer des solutions coordonnées. Ils ont appelé à une action décisive pour soutenir une production sidérurgique durable, des emplois de qualité et une concurrence mondiale équitable.

Déclaration du TUAC ici

OECD Steel Committee meeting in Paris on 23–24 March 2026
Réunion du Comité de l’acier de l’OCDE à Paris, 23–24 mars 2026