9 juillet, 2026Partenariat social, négociation collective et droits fondamentaux : ces trois thématiques ont été abordées lors de l’université d’été organisée à Erevan les 1er et 2 juillet derniers par IndustriALL, en collaboration avec ses affiliés arméniens.
Les participants ont mis l’accent sur la liberté syndicale et la négociation collective. Gocha Aleksandria, Spécialiste principal au Bureau des Activités des Travailleurs (ACTRAV) de l’Organisation internationale du travail (OIT), a précisé que l’un des objectifs fondamentaux de l’organisation consiste à promouvoir et à mettre en œuvre les normes internationales du travail, en particulier les principes et droits fondamentaux au travail. Il a souligné que les Conventions n° 87 et n° 98 offrent des protections majeures contre la discrimination antisyndicale et l’ingérence des employeurs tout comme elles privilégient un environnement propice à une négociation collective volontaire et de bonne foi.
Karine Aloyan, Présidente de la section républicaine « Electrotradeunion » des fédérations syndicales d’Arménie, a mis en exergue l’importance de prendre des mesures concrètes en vue de la ratification par les autorités de la Convention n° 193 de l’OIT. Elle a déclaré que cet entérinement renforcerait la protection des droits des travailleurs et favoriserait les normes internationales du travail.
Défis sectoriels et égalité entre les sexes
Alex Ivanou et Emmanuel Adjei-Danso, Directeurs sectoriels d’IndustriALL, ont présenté une analyse des droits fondamentaux et de la négociation collective par domaines d’activité. Alex Ivanou a abordé les secteurs des métaux de base, de la construction mécanique, des TIC ainsi que de l’électricité et de l’électronique. Emmanuel Adjei-Danso s’est quant à lui penché sur les secteurs minier et énergétique.
Aristakes Danielyan, Président de la section républicaine de l’Union des fédérations syndicales des travailleurs de l’industrie d’Arménie, a indiqué que la promotion de l’égalité entre les sexes dans l’industrie s’avère fondamentale pour le travail décent et la justice sociale. Il a ajouté que les syndicats jouent un rôle crucial pour garantir aux femmes l’égalité des droits et des chances au travail, notamment l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, des salaires décents, des conditions de prestations sûres et un accès égal à l’évolution de carrière.
Dialogue social et sécurité
Les spécialistes de l’OIT Casper Edmonds, Verena Schmidt et Igor Zemlyanskiy ont abordé les principes fondamentaux du dialogue social : la participation des travailleuses et travailleurs, des employeurs et des pouvoirs publics aux décisions relatives aux questions liées au travail, notamment le partage d’informations, la consultation et la négociation. Ils ont mis en avant tout l’intérêt de la négociation collective pour la qualité de l’emploi, l’égalité, les relations de travail, la performance des entreprises et la macroéconomie, en citant des exemples tirés des secteurs minier, manufacturier et énergétique.
Eduard Pakhlevanyan, Président de l’Union sectorielle des organisations syndicales des mineurs, métallurgistes et bijoutiers de la République d’Arménie, a déclaré que la sécurité et la santé au travail doivent rester une priorité absolue dans les secteurs minier et métallurgique. Il a appelé à une mise en œuvre effective de la Convention n° 176 de l’OIT sur la santé et la sécurité dans les mines et a exhorté l’Arménie à ratifier la Convention n° 155 sur la santé et la sécurité au travail, affirmant que cela permettrait d’aligner la législation nationale sur les normes internationales du travail.
L’IA et l’avenir du monde du travail
Casper Edmonds et Shreya Goel, appartenant tout deux aussi à l’OIT, ont abordé la question de l’intelligence artificielle et du dialogue social dans le secteur manufacturier en s’appuyant sur l’expérience internationale. Les participants ont fait part des domaines dans lesquels ils observent déjà ou s’attendent à voir l’IA dans leurs secteurs respectifs ainsi que des facteurs qui la favorisent. Tous sont convenu que les travailleuses et travailleurs doivent être informés, impliqués et consultés en temps utile sur les applications de l’IA susceptibles de leur porter préjudice.
Les participants ont estimé que l’innovation doit rendre les lieux de travail plus sûrs et plus productifs sans porter atteinte aux droits des travailleurs. L’IA peut aider à identifier les dangers, à prévoir les pannes d’équipement et à prévenir les accidents, en particulier dans les secteurs à haut risque. Mais son déploiement doit s’accompagner d’un dialogue social constructif, de la participation des salariés, de transparence et d’une formation continue, afin de garantir que le changement soit mis en œuvre de manière responsable et éthique, dans l’intérêt tant de la main d’œuvre que des entreprises.
Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :
« En Arménie, le mouvement syndical est en pleine transformation et bénéficie de la contribution incessante d’IndustriALL. Cette université d’été, organisée en collaboration avec nos affiliés arméniens, montre qu’il existe une forte volonté de renforcement des capacités et d’acquisition de nouvelles compétences pour défendre et promouvoir les droits des travailleurs dans le pays. Nous poursuivrons nos efforts à travers différents programmes dans les mois à venir. »



