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Une soixantaine de syndicalistes posent pour une photo de groupe à la conférence sur la chaîne d’approvisionnement des batteries à Bratislava, tenant des drapeaux d’IndustriALL et d’industriAll Europe

Bratislava : les syndicats renforcent leur influence au sein de la chaîne d’approvisionnement en batteries

Délégués à la Conférence sur la chaîne d’approvisionnement en batteries à Bratislava

  • Délégués à la Conférence sur la chaîne d’approvisionnement en batteries à Bratislava
  • Table ronde à la conférence sur la chaîne d’approvisionnement des batteries à Bratislava
  • Des participant·es discutent d’organisation syndicale à la conférence sur la chaîne d’approvisionnement des batteries à Bratislava
  • Diana s’adresse aux participant·es à la conférence sur la chaîne d’approvisionnement des batteries à Bratislava, Slovaquie, les 20 et 21 octobre 2026, sous le regard de trois intervenant·es

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23 octobre, 2026Des syndicalistes en provenance d’Europe, d’Asie et d’Afrique se sont réunis à Bratislava, en Slovaquie, les 20 et 21 octobre derniers afin de renforcer le pouvoir syndical au sein de la chaîne d’approvisionnement mondiale en batteries. La conférence a porté sur la syndicalisation, les droits des travailleurs et le travail sûr et décent, notamment sur des normes strictes en matière de santé, de sécurité et d’environnement, indispensables à une chaîne d’approvisionnement durable.

IndustriALL et industriAll Europe ont organisé cet événement conjointement, avec le soutien de la Fondation Friedrich-Ebert et de l’Union européenne. Il s’inscrivait dans la continuité de leur première réunion couronnée de succès en 2023, que les participants avaient estimée positive et qui avait mis en évidence l’importance de la coopération syndicale internationale.

Les délégués ont partagé les résultats de leurs projets et leurs expériences en termes de syndicalisation. Ils ont abordé les questions de la liberté syndicale, de la négociation collective, de la santé et de la sécurité, des normes environnementales et de l’égalité des sexes.

Ils ont évoqué les avancées internationales et européennes, la diligence raisonnable en matière de droits humains (DRDH), le dialogue social et les priorités pour une action coordonnée à long terme.

Syndiquer en amont pour instaurer une force pérenne

L’un des principaux enseignements à retenir est que les syndicats doivent agir sans tarder. Des représentants de Hongrie, de Pologne, de Slovaquie, de Serbie et d’Espagne ont décrit la manière dont ils ont développé leur nombre d’adhérents au sein de nouvelles usines de batteries.

Recenser les entreprises et les chaînes d’approvisionnement tout comme nouer des relations avec les militants syndicaux s’est avéré primordial.

En Indonésie, les syndicats se sont implantés très tôt dans les zones de production de nickel en pleine expansion. Ils ont mis en place des référents sur les différents sites ainsi que des formations destinées aux recruteurs syndicaux, aux femmes et aux jeunes travailleurs, démontrant ainsi que la syndicalisation doit s’étendre à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

En République démocratique du Congo (RDC), les syndicats sont confrontés à des mines dangereuses, à des conditions d’emploi précaires et à des atteintes à la liberté syndicale. Les participants ont insisté sur la nécessité de syndiquer les creuseurs et de ratifier les Conventions de l’OIT n° 176 et n° 190 portant, l’une sur la sécurité dans les mines, l’autre sur la violence et le harcèlement.

La santé et la sécurité comme point de départ

La thématique de la santé et de la sécurité fédère les travailleuses et travailleurs. Chez Northvolt, en Suède, les syndicats ont réussi à sensibiliser un personnel composé de nationalités diverses, atteignant un taux de syndicalisation de 85 % et mettant en place soixante-dix représentants de la sécurité sur le terrain.

En Hongrie, les préoccupations liées aux substances dangereuses ont contribué à mobiliser les salariés et à remettre en cause les pratiques à haut risque. Ces deux cas ont mis en évidence, d’une part, que la syndicalisation commence par l’écoute des travailleuses et travailleurs, et, d’autre part, que la prévention nécessite une réglementation stricte, une application rigoureuse de la législation ainsi que l’implication du personnel.

Mettre les outils en œuvre

Les syndicats disposent de plusieurs instruments : les Comités d’entreprise européens (CEE), la DRDH, les accords-cadres mondiaux (ACM) et les initiatives impliquant les entreprises, les gouvernements de même que la société civile.

Ces outils peuvent soutenir les syndicats dans leur processus en vue d’accéder aux informations de l’entreprise, d’identifier les risques, d’anticiper les restructurations et de coordonner l’action au-delà des frontières, pour autant que leur structure leur permette de les mettre en pratique. Les audits n’ont d’intérêt que s’ils débouchent sur des mesures correctives dont les représentants syndicaux peuvent assurer le suivi.

La directive révisée sur les CEE renforce ces derniers. La consultation doit avoir lieu avant que les décisions ne deviennent définitives, un plus grand nombre de questions sont considérées comme transfrontalières et les sanctions sont liées au chiffre d’affaires. Les réseaux stratégiques confèrent aux accords-cadres mondiaux et au devoir de diligence une réelle efficacité en surveillant leur mise en œuvre, en formant les affiliés et en reliant les syndicats locaux aux sièges sociaux et aux sites partenaires.

Les syndicats sud-africains ont constaté à quel point cela peut se révéler difficile. Les lois sur la protection des données restreignent l’accès aux travailleurs, les procédures judiciaires sont lentes et les femmes se heurtent à des obstacles lorsqu’elles souhaitent signaler des cas de harcèlement. La persévérance, la cartographie, les droits légaux, les liens avec le siège social, l’engagement citoyen et la solidarité internationale peuvent conforter les syndicats dans leur démarche de recrutement sur les lieux de travail dépourvus de représentation.

Il n’existe pas de formule miracle : les syndicats doivent combiner syndicalisation sur le lieu de travail, négociation collective, cartographie de la chaîne d’approvisionnement, réseaux, diligence raisonnable et solidarité autour d’objectifs concrets.

Solidarité internationale tout au long de la chaîne d’approvisionnement

Les chaînes d’approvisionnement en batteries relient les travailleuses et travailleurs, de l’exploitation minière à la fabrication ; les syndicats doivent donc savoir où vont les minerais et qui prend les décisions.

La cartographie des chaînes d’approvisionnement en nickel et en cobalt permet de mettre en relation les effectifs des mines et des raffineries avec les syndicats des entreprises clientes. La position des syndicats face aux décisions des multinationales peut se trouver renforcée par le biais d’une action coordonnée.

La politique industrielle doit répondre aux attentes des travailleurs

Les participants ont appelé à des politiques industrielles qui lient le financement public à des emplois de qualité, à des normes du travail solides et à la négociation collective. Les syndicats doivent être impliqués dès le départ : une Transition juste nécessite un dialogue social, des négociations et des syndicats capables de recruter et de représenter les travailleuses et travailleurs.

Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

« Le secteur des batteries connaît une expansion rapide et la syndicalisation doit tenir la cadence. Nous devons renforcer le pouvoir syndical tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Cela inclut les minerais critiques, la production de batteries, le recyclage et les véhicules électriques. Ce faisant, nous pouvons doter les travailleuses et travailleurs d’une tribune collective forte en vue de forger l’avenir du secteur.

Nous ne pouvons pas y parvenir pays par pays ou secteur par secteur. Nous devons syndiquer et unir les syndicats et les chaînes d’approvisionnement par-delà les frontières, en renforçant la solidarité internationale et notre pouvoir de négociation collective. »