Au Zimbabwe, une nouvelle convention collective fait passer les salaires de 200 à 350 dollars. Cette victoire fait suite à une campagne au cours de laquelle les partenaires de vie des travailleurs se sont joints à eux dans la grève.
Le Syndicat des travailleurs du diamant et des minerais connexes du Zimbabwe a utilisé des outils de diligence raisonnable en matière de droits humains (DRDH) pour syndiquer les travailleuses et travailleurs. Il a réussi malgré des contrats de courte durée et un accès restreint aux sites, ce qui rend pourtant le recrutement difficile.
Chez Bikita Minerals, propriété de Sinomine Resource Group, le syndicat a recruté six cents actifs en sous-traitance. Il a fait appel à des chefs traditionnels et à des responsables au sein des communautés pour faire pression en faveur de la liberté syndicale, de la négociation collective ainsi que de la santé et de la sécurité au travail. La campagne a également conduit cette année à la construction d’une clinique sur le site minier. Celle-ci fournira des soins de santé de première ligne aux effectifs et à la communauté environnante, qui compte environ 5.000 personnes.
Le syndicat a constaté que le fait de mettre en copie les ambassadeurs de Chine dans la correspondance avec les multinationales chinoises donnait aux salariés un moyen de pression supplémentaire.
En Zambie, le Syndicat des mineurs de Zambie (MUZ) a mené une enquête auprès de cinq cent vingt-cinq travailleuses et travailleurs dans des mines détenues par des entreprises chinoises en juillet. Il a relevé des bas salaires et de mauvaises conditions de travail. De plus, sur certains sites, il n’existait absolument aucun mécanisme de traitement des plaintes. Au sein de deux mines, entre 68 et 75 % des réponses ont montré que les travailleurs ne savaient pas comment signaler les violations de droits.
Depuis lors, une équipe syndicale composée de dix membres a obtenu des accords de reconnaissance auprès de trois entreprises. L’équipe a également recruté plus de trois cents adhérents et instauré des comités dans les mines concernées. La prochaine priorité du syndicat est de mettre en place des systèmes de traitement des plaintes au sein des mines de cuivre CNMC Luanshya et de Sino Metals Zambia. En outre, il souhaite obtenir l’intégration de clauses de diligence raisonnable dans les conventions collectives.
Transformer la diligence raisonnable en pouvoir syndical
Ces résultats ont été présentés lors d’une conférence sur la diligence raisonnable en matière de droits humains à l’intention des syndicats, qui s’est tenue le 1er octobre dernier à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Lors de cette conférence, plus de cent trente délégués syndicaux issus de vingt-trois pays africains, dont soixante femmes, ont débattu de la DRDH. La conférence était organisée par le bureau régional d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, avec le soutien du Centre de compétence sur la diligence raisonnable en matière de droits humains, de l’ACV-CSC, de 3F et du SASK.
