13 juillet, 2026IndustriALL a mis sur pied, avec le soutien du Bureau des Activités pour les Travailleurs (ACTRAV) de l’Organisation internationale du travail (OIT), une série de réunions sous-régionales et nationales qui se sont tenues, du 8 au 10 juillet, avec les syndicats affiliés de l’Ouzbékistan, du Kazakhstan, du Kirghizistan et du Tadjikistan. Ces rencontres se sont déroulées dans les locaux de la Fédération des syndicats d’Ouzbékistan à Tachkent.
Une région en pleine mutation
La sous-région d’Asie centrale connaît une croissance et des changements rapides, à mesure que les pays se démocratisent et ouvrent leurs économies au reste du monde. Les investissements affluent de Chine, de Russie, des pays du Golfe, de Turquie, des pays européens et d’ailleurs, souvent par le biais de coentreprises.
Pour les syndicats de la région qui ont, par tradition, essentiellement collaboré avec des entreprises publiques ou des sociétés privées locales, l’arrivée de capitaux internationaux constitue une expérience nouvelle. Elle soulève de nouveaux défis, car les investisseurs ont des attentes différentes quant à la marge de manœuvre qu’ils espèrent avoir vis-à-vis de leurs cols bleus. Des cultures de travail différentes viennent également se heurter aux pratiques sociales coutumières.
L’économie connaît par ailleurs une croissance du travail indépendant et du travail sur plateforme.
Représentation syndicale dans l’industrie automobile
Les investissements dans l’industrie automobile sont en hausse en Asie centrale, en particulier en Ouzbékistan. Un nombre important de multinationales y sont déjà implantées et la lutte pour la représentation syndicale relève d’un effort permanent. Par exemple, le constructeur chinois de véhicules électriques et hybrides BYD a récemment ouvert une usine d’une capacité de production annuelle de 50.000 unités en Ouzbékistan. Dans le cadre de l’accord de coentreprise, le syndicat des métallurgistes a obtenu la reconnaissance syndicale et la couverture qui en découle, par le biais de la négociation collective ; les travailleuses et travailleurs perçoivent en outre un salaire supérieur à la moyenne nationale. Toutefois, des inquiétudes subsistent quant à la marge d’influence dont disposent les syndicats pour améliorer davantage les conditions de travail.
Les investissements dans les différents secteurs
Les investissements coulent à flots dans les secteurs du pétrole, du gaz et de l’énergie et la région est à l’aube d’un déploiement attendu d’énergies renouvelables, avec des projets éoliens et solaires en cours de réalisation.
Le secteur chimique et pharmaceutique attire également des investissements étrangers et l’essor des matières premières, avec la hausse des cours de l’or et du cuivre, maintient l’industrie minière en position de force.
Le développement du Corridor Transcaspien, qui marque la renaissance moderne d’une ancienne route commerciale entre la Chine et l’Europe, renforce la visibilité de la région en tant que plaque tournante logistique. Cela devrait stimuler la croissance de la production au sein de la chaîne d’approvisionnement pour les secteurs de l’automobile, de l’énergie et autres.
Nouvelle convention de l’OIT relative au travail de plateformes
Gocha Aleksandria, Spécialiste principal de l’ACTRAV auprès de l’OIT, a évoqué les résultats de la récente Conférence internationale du Travail et la nouvelle convention C193 sur l’économie de plateformes. Il a aussi abordé les taux élevés de ratification dans la sous-région ainsi que le niveau et la qualité tant de la mise en œuvre que du dialogue social.
Outils pour encadrer le capital mondial
Walton Pantland, Directeur des campagnes et de la syndicalisation chez IndustriALL, a fait référence, d’une part, aux outils permettant de maîtriser le capital mondial, notamment la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme (DRDH), l’engagement des investisseurs, les mécanismes de plainte de l’OCDE et les procédures de plainte par l’intermédiaire des institutions financières internationales. Il a souligné, d’autre part, l’importance de syndiquer les secteurs émergents.
Le débat a été animé et les dirigeants syndicaux ont apprécié l’occasion ainsi offerte d’échanger leurs points de vue sur l’évolution de l’économie et les opportunités de croissance syndicale.
Intérêt et volonté des syndicats en matière de coopération et de solidarité internationales
Alors que les affiliés d’IndustriALL ont réaffirmé leur engagement fort en faveur d’une coopération plus étroite au plan international, les syndicats non affiliés présents aux réunions ont exprimé leur intérêt et leur volonté d’en savoir plus sur IndustriALL, avec l’intention d’adhérer et de participer aux structures mondiales.
« L’économie de cette région connaît une croissance rapide, à mesure que les capitaux mondiaux s’y investissent dans les matières premières, l’industrie manufacturière et l’énergie. Il existe d’énormes perspectives de développement syndical. Nous devons veiller à ce que ce secteur essentiel de l’économie mondiale soit bien couvert et à ce que les syndicats soient en lien avec leurs homologues d’autres pays »
a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.




