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Une trentaine de dirigeant·es syndicaux turcs et de militantes se tiennent ensemble dans un bureau d'Istanbul, tenant des bannières d'IndustriALL Global Union et du Réseau des femmes turques lors d'une réunion sur l'égalité de genre

Les syndicats turcs s’engagent à promouvoir un programme porteur de transformations sur la question du genre

Réunion à Istanbul de dirigeantes et dirigeants syndicaux et de militantes issues des affiliés d’IndustriALL en Turquie afin de promouvoir un programme porteur de transformations sur la question du genre au sein du mouvement syndical.

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27 août, 2026Une trentaine de dirigeantes et dirigeants syndicaux, de responsables féminines et de militantes issues d’organisations affiliées à IndustriALL en Turquie se sont réunis à Istanbul à l’occasion d’une rencontre nationale organisée par Petrol-İş, avec le soutien de la fondation Friedrich-Ebert-Stiftung (FES). Cette rencontre a permis de réaffirmer leur attachement à promouvoir un programme porteur de transformations sur la question du genre sur les différents lieux de travail, dans le cadre des négociations collectives et au sein des structures syndicales.

Les participantes et participants représentant Petrol-İş, Birleşik Metal-İş, Öz İplik-İş, Özçelik-İş, Türkiye Dok Gemi-İş (TDGİ), Çimse-İş, Selüloz-İş, Lastik-İş, Özağaç-İş et Kristal-İş ont fait le point sur la situation des femmes au sein de leurs secteurs d’activité et de leurs syndicats et ont défini les priorités en vue des actions à venir.

Les dirigeants syndicaux et le réseau des femmes turques d’IndustriALL ont qualifié la résolution féministe d’historique et se sont engagés à mettre en œuvre son programme transformateur.

Créé en 2015, le réseau des femmes turques d’IndustriALL a joué un rôle clé dans la promotion de l’égalité de genre dans le monde du travail et dans la lutte contre la violence et le harcèlement basés sur le genre (VHBG).

En dépit de ces progrès, les participants ont reconnu que les femmes continuent de se heurter à des obstacles importants. Elles restent sous-représentées dans l’industrie manufacturière, y compris dans les métiers des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM), en raison de la répartition inégale du travail de soins non rémunéré, de la discrimination persistante et des stéréotypes de genre qui limitent l’accès à certains emplois. 

Le Bureau de l’OIT en Türkiye a souligné que le salaire des femmes évoluant dans l’industrie manufacturière est en moyenne 14,6 % inférieur à celui des hommes, tandis que d’importantes lacunes subsistent en matière de disponibilité des données.

Au sein des syndicats, les participants ont insisté sur la sous-représentation persistante des femmes, en particulier aux postes de direction. Ils ont insisté sur la nécessité de syndiquer davantage de travailleuses et d’accroître leur représentation. Mais la participation ne se résume pas à une simple question de chiffres : les femmes doivent disposer de l’influence et du pouvoir nécessaires pour façonner les programmes de négociation et les politiques sur le lieu de travail. Le rôle important des structures de femmes et la nécessité de syndiquer davantage de cols blancs, dont une grande partie est constituée de femmes, ont également été soulignés.

Les participants se sont engagés à lutter contre la VHBG, à s’attaquer aux inégalités salariales et à répondre aux préoccupations des femmes en matière de santé au travail. Ils ont également pris l’engagement de remettre en cause le patriarcat et le néolibéralisme tout en faisant progresser la représentation des femmes dans les secteurs d’activité et dans les syndicats.

Renforcer les mesures de prévention et de soutien face à la VHBG

Dans le secteur métallurgique, Birleşik Metal-İş, Özçelik-İş et Türk Metal ont négocié avec succès des dispositions fondées sur la convention n° 190 et la recommandation n° 206 de l’OIT dans le cadre de l’accord signé à l’échelon sectoriel avec l’association patronale MESS. Cet accord novateur reconnaît la violence domestique comme un problème relevant du lieu de travail et prévoit un soutien en faveur des survivantes, des services de conseil et des procédures à mettre en œuvre sur le lieu de travail.

D’autres affiliés ont également intégré des dispositions relatives à la VHBG dans leurs conventions collectives et poursuivi leurs actions de sensibilisation auprès de leurs membres. Öz İplik-İş a élaboré des politiques et des programmes de formation à travers une plateforme de dialogue social réunissant des entreprises, des enseignes et des syndicats.

Les affiliés ont appelé à un renforcement du soutien technique assuré par IndustriALL afin de consolider la mise en œuvre des dispositions relatives à la VHBG, des mesures de prévention et de la gestion des risques sur le lieu de travail.

Promouvoir l’équité salariale par la recherche, la transparence et une évaluation des emplois non sexiste

Une étude menée par Birleşik Metal-İş et Petrol-İş a révélé des écarts de rémunération dans les salaires de base allant de 3 à 10 % dans certaines entreprises. Cependant, ces écarts se creusaient davantage lorsque l’on tenait compte des possibilités d’heures supplémentaires, de l’ancienneté et de l’évolution de carrière, ce qui démontre que les barèmes salariaux égalitaires ne suffisent pas à eux seuls à éliminer les inégalités salariales.

Les participants ont défini un certain nombre de priorités, notamment l’amélioration de la collecte de données sur l’équité salariale, une meilleure compréhension des mesures de transparence salariale et l’élargissement des négociations collectives sur l’équité salariale. Un expert de l’OIT a présenté l’outil intitulé « Évaluation des emplois neutre du point de vue du genre pour l’égalité salariale » (Gender Neutral Job Evaluation for Equal Pay, GNJEEP). Les syndicats, les employeurs et les institutions publiques pourraient coopérer dans le but d’adapter l’outil au contexte turc.

Élaborer des politiques de SST porteuses de transformations sur la question du genre

Les syndicats ont également appelé à des politiques de SST porteuses de transformations sur la question du genre plus fermes ainsi qu’à davantage de formations sur des questions telles que la ménopause sur le lieu de travail.

« L’égalité de genre n’est pas une question dévolue aux seules femmes.  En Turquie, les syndicats ont progressé mais ils doivent progresser plus rapidement encore sur  la question de la représentation des femmes, remettre en cause les relations de pouvoir inégales et les stéréotypes et syndiquer les cols blancs, dont une grande partie est constituée de femmes, »

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.