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24 juin, 2026IndustriALL vient de clôturer un séminaire de syndicalisation de trois jours destiné aux travailleuses et travailleurs de la démolition des navires à Chattogram, au Bangladesh, permettant ainsi aux syndicats de cibler pour la première fois les employeurs les plus influents du secteur.
Cet atelier de formation, qui s’est déroulé du 18 au 20 juin, a réuni des recruteurs de deux fédérations affiliées : la Fédération des travailleurs de la métallurgie, de la chimie, de l’habillement et de la confection du Bangladesh (BMCGTWF) et la Fédération des métallurgistes du Bangladesh (BMF). Ces deux structures représentent les travailleuses et travailleurs des chantiers de démantèlement de Sitakunda, près de Chattogram, qui traitent environ un tiers des navires en fin de vie dans le monde.
Des femmes issues de l’industrie en aval présentes pour la première fois
Pour la première fois, des femmes travailleuses issues de l’industrie du recyclage en aval ont participé à une telle formation. Cette partie du secteur, qui transforme la ferraille et les composants en nouveaux produits, occupe du personnel majoritairement féminin et n’est actuellement pas syndiquée. Les participantes ont élaboré un plan de syndicalisation concret.

Cartographier les rapports de force dans le secteur
Les recruteurs ont passé ces trois jours à cartographier les structures de propriété du secteur, mettant en évidence les liens entre les conglomérats industriels, les chantiers navals et les usines de relaminage. L’analyse a révélé un défi de taille : si le taux de syndicalisation atteint environ 80 % dans certains chantiers, ceux-ci ont tendance à être de plus petite envergure et de plus faible importance sur le plan commercial. Le taux de syndicalisation global du secteur reste faible, ce qui limite la capacité des syndicats à induire des changements significatifs dans les conditions de travail.

Les syndicats se sont appuyés sur cette cartographie pour identifier les employeurs les plus importants d’un point de vue stratégique et ont élaboré des plans de campagne de syndicalisation ciblés autour des problèmes soulevés par les salariés eux-mêmes.
Au cours de la dernière matinée de la formation, les participants ont mis leurs nouvelles compétences en pratique : ils se sont entretenus directement avec des travailleuses et travailleurs rentrant de leur quart de nuit et en ont rencontré d’autres à leur domicile.
Les salaires et la sécurité au cœur des préoccupations
Deux enjeux se sont imposés comme principaux leviers de mobilisation. La Commission tripartite des salaires du secteur est convenue d’un nouveau salaire minimum de 22.000 BDT (180 dollars) par mois lors d’une réunion le 17 juin dernier, bien que cet accord n’ait pas encore été publié au Journal officiel. De nombreux propriétaires de chantiers navals ne versent déjà plus le salaire minimum précédent de 16.000 BDT (130 dollars). Par ailleurs, de nombreux chantiers continuent de ne pas respecter les exigences en matière de sécurité prévues par la Convention de Hong Kong, exposant ainsi leur personnel à des risques majeurs.
Walton Pantland, Directeur des campagnes et de la syndicalisation chez IndustriALL, a déclaré :
« Nous sommes présents dans les chantiers navals depuis de nombreuses années, mais nous n’avons jamais eu la densité syndicale ni l’influence nécessaires pour faire bouger les employeurs de manière significative. Nous allons changer cela en adoptant une approche plus stratégique : cibler les employeurs les plus influents. Nous voulons des environnements de travail sûrs, un travail décent et un salaire convenable pour tous nos membres. »




