16 février, 2026Partout en Inde, les syndicats ont fait une démonstration impressionnante de leur force collective ce 12 février, lorsqu'une grève générale nationale a paralysé une grande partie du pays. Organisée à l'appel de la Plateforme commune des centrales syndicales d'Inde, cette grève exprimait un rejet clair des politiques anti-ouvrières et du refus persistant du gouvernement indien de s’impliquer dans le dialogue social.
Cette action massive marque la dernière salve en date d’une lutte menée de longue haleine contre les quatre codes du travail adoptés par le Parlement sans consultation, sans convocation de la Conférence indienne du travail et au mépris flagrant des normes internationales du travail. Depuis l’introduction de ces codes et face à l’obstination répétée du gouvernement à ignorer les revendications des travailleurs et travailleuses, les syndicats ont déjà piloté six grèves générales à échelle nationale En sonneurs d’alerte, ils estiment que ces codes affaiblissent la négociation collective, restreignent le droit de grève, excluent près de 70 % des usines du champ d’application du droit du travail et privent des millions de salariés d’un environnement de travail sécurisé, d’un accès à la sécurité sociale ainsi que de la protection de leur salaire.
La publication du projet de politique en matière de travail et d’emploi Shram Shakti Niti 2025 a fortement exacerbé la frustration suscitée par ces aménagements juridiques. Selon les syndicats, cette proposition vise la centralisation du pouvoir et la refonte de l’État, installant celui-ci dans un rôle de facilitateur pour les employeurs plutôt que de garant des droits des travailleurs.
Les affiliés d’IndustriALL ont joué un rôle déterminant dans la mobilisation en suscitant l’adhésion à l’action nationale des travailleurs et travailleuses des secteurs de la fabrication, des mines, de l’énergie, du textile et connexes. Bien que chaque syndicat ait fait valoir des préoccupations spécifiques à son secteur, les revendications relatives à la sécurité de l’emploi, aux salaires équitables, à la protection sociale et à la défense du droit à la négociation collective ont fait l’objet d’une réelle convergence.
Sanjay Vadhavkar, Secrétaire général de la Fédération indienne des travailleurs de la sidérurgie, de la métallurgie et de l’ingénierie, aussi membre du Comité exécutif d’IndustriALL, a déclaré :
«La population active s’exprime d’une seule voix, le gouvernement ne peut continuer à faire la sourde oreille. Nous exigeons la dignité, la sécurité de l’emploi et la reconnaissance de la santé, de la sécurité et de la protection sociale comme droits fondamentaux. Tout modèle de développement qui néglige le bien-être des travailleurs et travailleuses n’est ni durable ni juste. Nous continuerons à lutter jusqu’à la satisfaction de nos revendications, en particulier le retrait immédiat des réformes anti-ouvrières et l’établissement d’un dialogue constructif avec les syndicats et les salariés. »
Sanjay Singh, Secrétaire général de la Fédération nationale indienne des travailleurs de l’électricité et membre du Comité exécutif d’IndustriALL, a déclaré :
« Le message des travailleurs est clair : cessez de démanteler les mesures de protections du travail. La sécurité de l’emploi, la sécurité sur le lieu de travail et la protection sociale sont des droits des travailleurs et non des concessions accordées à la convenance du gouvernement. Nous poursuivrons notre combat en faveur de l’abrogation des quatre codes du travail, du rétablissement de la NREGA (Loi nationale de garantie de l’emploi rural Mahatma Gandhi), de la relance de l’ancien régime de retraite et de la mise en œuvre intégrale de nos revendications légitimes. »
Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :
« La force de cette grève réside dans l’unité et la détermination de la classe ouvrière indienne. IndustriALL est pleinement solidaire des syndicats et des travailleurs indiens. Leurs revendications reflètent les normes internationales fondamentales du travail, notamment la liberté syndicale, la négociation collective, la protection sociale et la sécurité des conditions de travail, autant de droits qui doivent être respectés et défendus par le gouvernement. »










