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Des travailleur·euses de la SACTWU défilant avec des pancartes « Break the Chains » et « Stop GBVH » au Cap, mars 2026

La négociation collective change le quotidien des travailleurs sud-africains

Des travailleurs du SACTWU manifestent contre les ateliers clandestins au Cap

  • Des travailleurs du SACTWU manifestent contre les ateliers clandestins au Cap
  • Des travailleur·euses de la SACTWU marchent pour un travail décent au Cap
  • Des travailleur·euses de la SACTWU marchent contre l'exploitation dans les chaînes d'approvisionnement au Cap
  • Bonita Loubser de la SACTWU s'exprime lors de la conférence nationale de négociation collective
  • La présidente de la COSATU Susan Khumalo s'exprime lors de la conférence nationale de négociation collective de la SACTWU
  • Michael Shabalala prend la parole lors de la conférence nationale de négociation collective de la SACTWU

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19 mars, 2026Plus de 400 délégués représentant des travailleurs de 21 secteurs se sont réunis au Cap du 7 au 9 mars derniers à l’occasion de la conférence nationale de négociation du Syndicat des travailleurs de la confection et du textile d’Afrique australe (SACTWU). Ils en sont repartis avec un mandat pour lutter en faveur de salaires décents et une déclaration qualifiant les conditions de travail dans les ateliers clandestins de Newcastle, au KwaZulu-Natal, de crise nationale.

« Nous sommes travailleurs le jour, membres de notre famille une fois rentrés et citoyens de notre communauté la nuit venue »

a déclaré un délégué lors de la conférence. Cette réflexion souligne les nombreux rôles avec lesquels les travailleuses et les travailleurs doivent jongler et l’importance de la négociation collective au-delà de l’usine elle-même.

Le SACTWU, affilié à IndustriALL, a organisé cette rencontre du 7 au 9 mars sur le thème : unité, emplois, croissance et service aux membres.

Le syndicat, créé en 1989, compte plus de 100.000 adhérents dans divers secteurs, notamment l’habillement, la chaussure, le tannage, la blanchisserie, l’agriculture et la transformation des produits agricoles.

Newcastle : quand l’État de droit se délite

SACTWU workers marching in Cape Town with Break the Chains in our Supply Chains placard, March 2026
À l’occasion de la conférence nationale sur la négociation collective de leur syndicat, des délégués du SACTWU défilent dans les rues du Cap pour réclamer la fin de l’exploitation au sein de la chaîne d’approvisionnement. Mars 2026

Les délégués ont dénoncé les conditions épouvantables qui règnent dans les ateliers clandestins de Newcastle, au KwaZulu-Natal. Le 5 février dernier, une opération d’inspection conjointe menée par le ministère de l’Emploi et du Travail, sous la supervision de la Commission parlementaire chargée de l’emploi et du travail, a mis au jour des violations généralisées du droit du travail et de l’immigration dans le district d’Amajuba.

Cette opération a révélé une exploitation extrême, des lieux de travail dangereux et des pratiques assimilables à de l’esclavage dans des usines fournissant de grands détaillants sud-africains, notamment Mr Price, Pick’n Pay, Ackermans, Pepkor et JET. Toutes ces enseignes enfreignaient  le droit du travail et les normes de sécurité. La plupart des travailleuses et travailleurs de ces usines sont sans papiers, a confirmé Bonita Loubser, Secrétaire générale du SACTWU. Le syndicat engage des poursuites devant les tribunaux et les conseils de négociation afin de faire respecter le droit du travail national.

Les inspecteurs ont découvert des ressortissants étrangers sans papiers logés au sein même de locaux d’usines de confection et de textile, présentant des conditions qualifiées d’insalubres et un risque grave d’incendie. Des images vidéo enregistrées lors des descentes montrent des centaines de cartons de vêtements portant les étiquettes d’enseignes de distribution sud-africaines bien connues.

« L’horreur de Newcastle montre ce qui se passe lorsque l’État de droit se délite », a déploré le SACTWU dans la déclaration de sa conférence. Présence policière timide, rareté des inspections, laxisme des contrôles d’immigration, défaillance des systèmes de santé, de sécurité et de justice sont autant de conditions qui ont permis à des employeurs motivés par le seul profit d’exploiter les travailleuses et travailleurs en toute impunité.

Les délégués à la conférence ont porté le combat dans la rue, en organisant des piquets de grève devant des magasins de détail pour « briser les chaînes » de l’exploitation ouvrière dans les chaînes d’approvisionnement nationales.

Lutter pour des salaires décents

COSATU president Susan Khumalo speaking at SACTWU conference with COSATU and SACTWU banners behind her, Cape Town, March 2026
La Présidente du COSATU, Susan Khumalo, s’adresse aux délégués lors de la conférence nationale de négociation du SACTWU au Cap, du 7 au 9 mars 2026.

Le prochain cycle de négociations portera sur les congés annuels et les absences pour raisons familiales, les horaires de travail, la classification des emplois, les soins de santé, les prestations de retraite et la sécurité d’emploi.

Le syndicat revendique également des droits syndicaux, des garanties salariales et l’élargissement des unités de négociation. Les délégués soulignent que les revendications doivent rester spécifiques à chaque secteur afin d’en refléter les réalités.

Bonita Loubser, Secrétaire générale du SACTWU, a qualifié la conférence de vitale.

« Notre conférence consolide les mandats octroyés par la base en faveur de salaires décents, renforce les délégués syndicaux, affine la stratégie et prépare aux négociations », a-t-elle déclaré.

Susan Khumalo, Présidente du SACTWU et Coprésidente régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a ajouté :

« La négociation collective change des vies grâce à des salaires décents, de meilleures conditions d’emploi, des relations sociales stables et la protection du droit à la syndicalisation. »

Les syndicats transforment la société

La Présidente du Congrès des syndicats sud-africains (COSATU), Zingiswa Losi, s’est adressée aux délégués en leur déclarant :

« Les syndicats rassemblent les travailleuses et travailleurs, défendent les droits et transforment la société. »

Alors que de nombreux jeunes délégués syndicaux étaient présents pour la première fois,  Zingiswa Losi a souligné que le recrutement de jeunes travailleuses et travailleurs constitue un moyen de garantir le pouvoir syndical. Le SACTWU est affilié au COSATU.

« Notre campagne d’élargissement des effectifs est cruciale, car les adhérents sont le cœur du syndicat. Sans un nombre suffisant et important de membres, il n’y a pas de pouvoir syndical fort. Cette période de négociations collectives nous offre une formidable opportunité d’accroître encore nos effectifs syndicaux »

a déclaré Michael Shabalala, Secrétaire national en second, en charge de la syndicalisation auprès du SACTWU.

En matière de protection de l’emploi, la conférence a souligné la nécessité de mener des campagnes pour garantir des emplois décents dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine ou d’autres accords commerciaux.

Les délégués ont également appelé à la mise en œuvre du plan directeur pour le commerce de détail, l’habillement, la chaussure, le textile et le cuir, ainsi qu’à des mesures de protection plus strictes contre les importations à bas prix.

Michael Shabalala, SACTWU 2nd national organising secretary, at the podium with SACTWU banner behind him, Cape Town, March 2026
Michael Shabalala, Secrétaire national en second, en charge de la syndicalisation auprès du SACTWU, à la tribune de la conférence nationale de négociation du syndicat tenue au Cap, du 7 au 9 mars 2026.