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Des représentant·es syndicaux du Bangladesh, du Cambodge et d’Indonésie posant le poing levé, tenant un drapeau d’IndustriALL Global Union et un drapeau de la C.CAWDU, devant un écran rouge portant l’inscription « Nothing about us without us!!! »

Les réseaux syndicaux intègrent la DRDH dans les négociations collectives

Syndicats des réseaux Pou Chen, Crystal et Coats lors du séminaire sur la diligence raisonnable en matière de droits humains (DRDH) à Dacca, octobre 2026.

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19 octobre, 2026Les réseaux syndicaux de Pou Chen, Crystal et Coats mettent à profit leurs liens transfrontaliers pour inscrire la diligence raisonnable en matière de droits humains (DRDH) dans les conventions collectives. Cela offre aux travailleuses et travailleurs du Bangladesh, du Cambodge et d’Indonésie une voie commune pour faire valoir leurs droits auprès d’un même employeur multinational.

Représentant les salariés auprès des mêmes fabricants dans différents pays, ces réseaux peuvent comparer les conventions et faire pression pour l’adoption de normes communes. Réunis à Dhaka du 13 au 15 octobre derniers, ils ont examiné les moyens d’intégrer la DRDH dans les négociations collectives. Il s’agissait du deuxième des trois séminaires organisés dans le cadre du programme pilote consacré au secteur de l’habillement du Centre de compétence pour la diligence raisonnable en matière de droits humains. Ce programme bénéficie du soutien de la GIZ (Agence fédérale allemande de coopération internationale pour le développement durable) pour le compte du Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement.

Ce projet pilote s’appuie sur des réseaux développés depuis plusieurs années et couvre cinq usines au Bangladesh, au Cambodge et en Indonésie : une usine Pou Chen, deux Coats et deux Crystal. Toutes disposent d’un syndicat local ; certaines ont conclu une convention collective tandis que d’autres se battent encore pour en obtenir une. Deux militants syndicaux et deux responsables de la fédération issus de chaque implantation participent à l’ensemble du programme, ce qui permet aux syndicats de conserver leur expertise juridique.

Ces réseaux ont déjà porté leurs fruits. Au Bangladesh, Crystal a mis en place un syndicat d’entreprise qui négocie actuellement sa première convention collective. Coats a soutenu la syndicalisation au Maroc. Au Cambodge, les syndicats mènent des discussions avec l’association patronale TAFTAC au sujet du stress thermique. La convention collective type récemment négociée dans le cadre du programme international ACT a ouvert la voie à de nouvelles avancées.

Des engagements aux clauses contraignantes

Nazma Akter, Présidente de la Sommilito Garments Sramik Federation au Bangladesh, a demandé aux participants quel problème rencontré sur leur lieu de travail ils espèrent résoudre par le biais de la DRDH et de la négociation collective. Ceux-ci ont mis en avant le fait que les clauses relatives à la DRDH doivent porter sur les salaires et la liberté syndicale.

Les syndicats ont passé en revue leurs propres conventions collectives et accords-cadres mondiaux à la recherche de clauses mettant déjà en pratique la DRDH, tels que les comités mixtes sur la santé et sécurité au travail.

Florian Yelin, Conseiller stratégique en matière de droit et de politique au Centre, a expliqué pourquoi un engagement vague à « respecter les droits humains » s’avère insuffisant. Des accords solides impliquent des obligations contraignantes, des comités mixtes, une participation syndicale et une mise en application effective. Les syndicats ont ensuite rédigé des dispositions relatives à la DRDH sur des questions prioritaires telles que la violence et le harcèlement fondés sur le genre.

Les participants ont également recensé les outils de DRDH dont ils disposent déjà, tels que l’Accord international, les indicateurs salariaux et les mécanismes de traitement des plaintes. Un représentant du Conseil pour la durabilité du secteur du prêt-à-porter (RMG Sustainability Council) a expliqué en quoi le modèle bangladais associe des accords entre syndicats et enseignes, des inspections indépendantes en termes de sécurité et un mécanisme de plainte. L’ensemble de ces éléments lui confère un caractère contraignant contrairement aux initiatives multipartites volontaires.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice de la section du textile et de l’habillement auprès d’IndustriALL, a déclaré :

« La diligence raisonnable en matière de droits humains passe du stade volontaire au stade contraignant. Les syndicats, depuis la base jusqu’à la direction nationale, doivent savoir s’en servir pour renforcer les relations sociales tant au niveau de l’usine, qu’au niveau national et international. Et cet exercice leur offre l’occasion d’en acquérir les compétences. »

Le troisième séminaire aura lieu au Cambodge en janvier 2027, juste avant la Conférence mondiale du textile et de l’habillement.